«Victoires de la musique»: Benjamin Biolay, «La Superbe» trajectoire (vidéos)

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À 48 ans, le dandy cool a remporté vendredi soir les 5e et 6e Victoires de la musique de sa carrière, sacré artiste masculin et meilleur album. « Grand Prix », disque-concept irrigué par sa passion, depuis l’enfance, pour la Formule 1, lui permet d’ouvrir son « journal intime  » tout en restant « dans la pénombre  », comme le confiait l’artiste à l’AFP en juin 2020, au moment de sa sortie.

Invité à filer la métaphore pour savoir qui était toujours en haut du podium à ses yeux, il lâche : « La plus grosse Formule 1, pour moi, ça reste une Rolls, c’est ‘Melody Nelson’ ». Signé Serge Gainsbourg, qui, lui aussi, ne suivait que ses propres règles de conduite.

« On gagne on perd/On perd la gagne », chante Benjamin Biolay dans « La Superbe » (2009). Et ces paroles lui vont comme un gant. Car avant ce retour au premier plan avec cet album il y a 12 ans, le parcours fut parfois cabossé. Ce natif de Villefranche-sur-Saône, près de Lyon – bercé dans un univers musical, une de ses deux sœurs, Coralie Clément, est également musicienne – sort de l’ombre dans les années 2000 après avoir travaillé pour des groupes comme L’Affaire Louis Trio.

Goût du mordant

Il écrit ainsi des titres – aux côtés de sa complice artistique Keren Ann – qui relancent la carrière du vétéran Henri Salvador avec l’album « Jardin d’hiver ». Puis, dans la foulée de son premier disque solo « Rose Kennedy » (2001), un album-concept – déjà – autour de la mythique famille de politiciens américains, il s’impose comme un des espoirs de la nouvelle scène française.

En même temps qu’il devient une figure médiatique, du fait de son mariage avec Chiara Mastroianni (jusqu’en 2005), avec laquelle il a eu une fille, Anna. Puis, des déclarations-provocations à l’emporte-pièce froisseront un temps son image et lui vaudront quelques inimitiés dans le milieu. « Benjamin Biolay est parfois rugueux, il a le goût de l’interview mordante  », écrit Bertrand Dicale, dans son « Dictionnaire amoureux de la chanson française ».

L’homme se retrouve souvent alors au centre de « brusques éruptions sur les réseaux sociaux, encore aggravées par la chronique de ses amours, car il est loin d’être vilain garçon  », développe Bertrand Dicale. Mais depuis « La Superbe », l’auteur-compositeur-interprète est devenu incontournable dans le paysage musical français, entre ses projets propres, ses collaborations (avec Vanessa Paradis, par exemple) ou hommages, tel cet album autour de Charles Trenet. « On ne pourra jamais lui reprocher d’avoir lésiné ni de s’être montré avare », déroule encore Bertrand Dicale.

Argentine et cinéma

Et celui qui s’est trouvé une deuxième patrie avec l’Argentine (où il a eu une autre fille) prend désormais le temps de mâcher ses mots. Ces derniers mois, il a réservé ses coups de griffes à un gouvernement qui ne soutient pas assez selon lui le spectacle vivant dans la crise sanitaire.

Parallèlement à sa carrière sur disques, le chanteur multiplie les incursions dans le cinéma. Et les rôles sont de plus en plus consistants, qu’il soit chez Agnès Jaoui (« Au bout du conte »), Tonie Marshall (« Numéro Une ») ou Christophe Honoré (« Chambre 212 »).

Musicalement, son oreille repère toujours aussi vite les nouveaux talents. Pour l’édition enrichie de « Grand Prix », il a choisi avec soin ses co-pilotes, notamment pour deux duos avec Juliette Armanet et Adé (chanteuse de Therapie Taxi). Et ces derniers jours, il a livré une reprise de « Retiens la nuit » avec Barbara Pravi, qui représentera la France à l’Eurovision en mai prochain.

AFP

 
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