Elle découvre que ses photos Facebook ont été détournées par un militaire sur un site porno

Elle découvre que ses photos Facebook ont été détournées par un militaire sur un site porno
BelgaImage

Elle a 28 ans et s’appelle Clarisse. Cette semaine, cette femme a livré un témoignage poignant sur les ondes d’Europe 1 à la veille du procès l’opposant à son ancien collègue. Il y a trois ans, ce dernier a commis ce que l’avocat de Clarisse qualifie de « viol numérique » en détournant ses photos, publiées simplement sur son compte Facebook, pour en faire des photomontages sexuels relayés ensuite sur un site pornographique. Une épreuve dévastatrice pour Clarisse, mais aussi pour d’autres femmes, également victimes dans cette affaire.

« Un enfer »

Comme le raconte cette pilote d’avion dans la Marine nationale française, elle publiait à l’occasion des images d’elle sur Facebook. Un jour, son frère, « gêné », va la trouver. « Il m'a demandé si je n'avais pas fait des photos avec quelqu'un. Je ne voyais absolument pas où il voulait en venir », raconte Clarisse. « Il m'a dit d'aller voir les photos sur un site internet et m’a demandé si c'était vraiment moi. Il y avait des photos de moi sur ce site pornographique. Il y avait quelques photomontages qui étaient mal faits. On voyait qu’on avait découpé mon visage et qu'on l'avait mis sur une photo pornographique. D'autres photomontages étaient beaucoup mieux faits ». Sur certaines images, l’auteur du montage s’est manifestement « masturbé dessus » au point que le visage de Clarisse apparaisse avec du sperme.

Pour elle, c’est le choc. Elle décrit alors ce qu’elle vit « comme un viol ». « Je me suis sentie salie. Il y a eu de l’humiliation et de la haine », dit-elle à Europe 1. Elle cherche immédiatement le responsable et via les pseudonymes, elle finit par le trouver. Il s’agit d’un militaire qui avait travaillé avec elle et qui était un de ses amis sur Facebook. « Je me suis rendu compte que ça faisait déjà un an qu'il s'amusait avec mes photos. À l'époque, il me voyait et me disait bonjour tous les matins et il s'amusait en même temps avec mes photos sans que je le sache. Je me suis sentie encore plus trahie ». Clarisse découvre ensuite que cet homme a réservé le même sort à une trentaine de femmes militaires.

Après avoir alerté la gendarmerie, les preuves sont accablantes mais les gendarmes lui demandent de se taire « parce qu'ils souhaitaient le prendre en flagrant délit s’il continuait ». « Ça a duré trois mois environ. Ça m'a paru interminable. J'ai une grosse carapace qui m'a permis de tenir. Mais intérieurement, ça a été un enfer », confie Clarisse. Après l’éclatement de l’affaire, elle a reçu beaucoup de soutiens, plus de ses collègues féminines que masculins puisque ces derniers se demandaient surtout sur quel site porno les photos étaient publiées. Aujourd’hui, l’accusé vient d’être reconnu coupable et condamné à deux ans de prison et 80.000 euros d’amende. Clarisse a toujours un compte Facebook pour garder le contact avec ses amis mais n’a pas manqué de revoir les paramètres de confidentialité pour ses publications.

 
Signé duBus
Signé Stéphane Bern