Marjolijn ajoute une poitrine aux mannequins de réanimation pour sauver plus de femmes
Selon l’infirmière spécialisée, de nombreuses femmes perdent la vie à cause de la gêne occasionnée par leur poitrine durant la réanimation.

Jusqu’il y a peu, les mannequins présentés durant les cours de survie étaient systématiquement masculins. Problème : une fois sur le terrain, la poitrine d’une victime peut gêner le réanimateur dans ses manipulations. « Avec les femmes, il suffit de mettre les mains au même endroit qu’avec les hommes quand on commence le RCP, sauf qu’il se trouve que c’est entre les seins », précise l’infirmière spécialisée dans les maladies cardiaques et professeur, Marjolijn Rodenburg. « Pour de nombreuses personnes, cette zone ne doit pas être touchée en raison du caractère intime de la chose. Il s’avère que beaucoup n’osent tout simplement pas, et s’abstiennent de réanimer. »

Alors pour éviter un maximum de décès, Marjolijn Rodenburg propose depuis peu à ses élèves de s’entraîner sur des mannequins féminins. « Pendant le cours, on apprend qu’il faut dégrafer le soutien-gorge de la femme quand on fixe les électrodes de l’appareil de DAE (défibrillateur automatisé externe). Il faut une peau nue et l’agrafe métallique du soutien-gorge est dangereuse.”
Différences de symptômes
Selon l’infirmière spécialisée, il est également important de savoir que les symptômes que provoque une crise cardiaque diffèrent selon que l’on soit un homme ou une femme. « Il est maintenant largement connu que l’homme est toujours pris comme la norme médicale. En conséquence, de nombreuses douleurs de femmes ne sont pas reconnues. Par exemple, les symptômes d’une crise cardiaque chez les femmes (douleurs au cou et à la mâchoire, vomissements, douleurs abdominales, fatigue, essoufflement, etc.) sont différents de ceux des hommes, ce que beaucoup ignorent.” Et d’ajouter : « De plus, les passants soupçonnent plus rapidement un évanouissement chez les femmes au lieu de penser à un problème cardiaque.”
En Belgique toutefois, le formateur en secourisme de la Croix-Rouge, Patrick De Smedt, a déclaré à 7 sur 7 n’avoir jamais vu de difficultés à réanimer les femmes.







