Régine, une femme d’affaires avant tout
La chanteuse et comédienne Régine s’est éteinte ce dimanche 1er mai à l’âge de 92 ans. Elle a été la reine de la nuit mais également une femme d’affaires et investie dans des causes.

Longtemps reine des nuits parisiennes, femme d’affaires, Régine, décédée dimanche à l’âge de 92 ans, était connue du public pour des chansons comme « La grande Zoa », « Azzurro », « Les p’tits papiers » ou « Patchouli Chinchilla ». Charles Aznavour, Barbara, Henri Salvador ou Françoise Sagan ont signé des tubes pour cette battante à la voix envoûtante et légèrement éraillée, à la personnalité pragmatique, mélancolique et pleine d’humour.
Régine est passée par de nombreux emplois, comme la chanson et le cinéma mais elle s’est surtout fait une place dans la jet-set par ses investissements porteurs dans le monde de la nuit mais également la restauration, en lançant des lignes de vêtements, de parfums et d’autres encore.
Régina Zylbergerg est née en 1929 à Anderlecht, de parents juifs polonais. Avec sa famille, elle échappe à la déportation durant la guerre. À la Libération, la famille se retrouve à Paris, où le père ouvre un bar à Belleville. Sa fille prend goût aux sorties dans les boîtes de la capitale. Son attrait pour la gestion va commencer quand un ami lui confie l’animation d’une discothèque dans le centre de Paris, rue de Beaujolais, « le Whisky à gogo ». C’est d’ailleurs dans cet établissement qu’elle va rencontrer Serge Gainsbourg.
Une vingtaine d’établissements
Le virus du monde de la nuit prend en 1956 lorsqu’elle inaugure sa première discothèque, « Chez Régine », dans le quartier latin. Suivra l’ouverture à Montparnasse du « New Jimmy’s », la boîte où l’on danse des twists endiablés. Mais Régine ne se cantonne pas qu’à Paris et s’exporte également à l’étranger. Elle ouvre des établissements de nuit à New York et Monaco, puis au Brésil et en Malaisie. Avec une vingtaine d’établissements de fête, Régine rencontre du beau monde comme Andy Warhol, Liza Minelli, les Rothschild ou encore les Kennedy.
En 1969, elle épouse l’homme d’affaires Roger Choukroun. Elle lance d’ailleurs l’idée d’une carte de membre pour que ses clients puissent aisément aller de club en club autour du monde. Jusqu’à 20.000 personnes auront cette carte, payée fort cher, dans les années 1980. Le couple investit dans l’hôtellerie, la restauration, lance des lignes de vêtements, de parfums, parraine des croisières luxueuses…
Une femme d’affaires engagées
Régine a su se servir de ses relations pour porter des causes importantes comme la lutte contre la drogue, lançant l’association « SOS Drogue international ». Ironie du sort, une perquisition cause en 1996 la fermeture du « Palace », club mythique qu’elle possédait depuis quatre ans, après la découverte de produits stupéfiants. En 2004, elle se sépare de la plupart de ses clubs. Et divorce de son mari.
En 2009, elle doit vendre sa discothèque « Chez Régine » de la rue de Ponthieu, longtemps rendez-vous incontournable de la jeunesse dorée parisienne près des Champs-Elysées. Celle qui disait dépenser une fortune chaque jour affirme alors être « ruinée ». Ce qui ne l’empêche pas de multiplier talk-shows et concerts. Enveloppée de son légendaire boa, à 86 ans, elle chantait encore en 2016 aux Folies-Bergères avec son entrain coutumier, « Je survivrai », reprise du tube de Gloria Gaynor.








