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Le prince Harry se met aussi l'armée à dos avec ses révélations

Les militaires sont agacés par les récentes révélations du prince Harry sur ses déploiements en Afghanistan au sein de l'armée britannique.

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Décidément, il n’y a pas que la monarchie et les tabloïds que Harry se met à dos. Suite à ces révélations sur ses déploiements en Afghanistan au sein de l’armée britannique, les militaires s’agacent.

Les annonces fracassantes du prince sur ses déboires dans l’armée sont peu en accord avec la traditionnelle discrétion des hommes en treillis. Les militaires ont (en théorie) un devoir de réserve sur leurs actions. « Vous ne devez pas parler à la presse, vendre des articles ou des photos sans l’autorisation de votre commandant » mentionne le site de l’armée britannique.

Pour certaines personnes, Harry a également un comportement dangereux en faisant ses révélations. « C’est d’une stupidité crasse et naïve de la part de Harry, de son éditeur et de son ghostwriter », a expliqué le major Chip Chapman sur les ondes de Times Radio.

Un chef taliban s’exprime

Le chef taliban Agha Gol a d’ailleurs qualifié le duc de Sussex de « grande gueule », et l’a mis au défi de revenir en Afghanistan « s’il est un vrai homme ». Le prince Harry, dans un ouvrage qui doit paraître la semaine prochaine, révèle le nombre exact des personnes qu’il a tuées au cours de ses deux missions en Afghanistan.

« Mon nombre est de 25. Ce n’est pas un nombre qui me remplit de satisfaction, mais je n’en ai pas honte non plus », écrit-il dans son livre dont la version espagnole a été mise en vente quelques heures jeudi avant d’être retirée.

Il raconte avoir considéré ces personnes comme des « pièces d’échecs » retirées de la partie, ainsi que le prévoyait son entraînement, car il est impossible de tuer une cible « si on la considère comme une personne ». « M. Harry ! Ceux que vous avez tués n’étaient pas des pièces d’échecs, c’était des êtres humains » qui avaient des familles, a déclaré vendredi Anas Haqqani, un haut responsable taliban, accusant le prince de « crimes de guerre ».

« Mais la vérité, c’est ce que vous dites : notre peuple innocent était comme des pièces d’échecs pour vos soldats et pour vos dirigeants militaires et politiques », a-t-il ajouté. « Mais, malgré tout, vous avez perdu à ce +jeu+ ».

Le porte-parole du gouvernement afghan Bilal Karimi a également émis des critiques à ce sujet. « Ces crimes ne se limitent pas à Harry, mais chaque puissance occupante a commis de tels crimes dans notre pays », a-t-il écrit sur Twitter. « Les Afghans n’oublieront jamais les crimes des occupants », a-t-il poursuivi.

« Vous devez vous taire ! »

Harry a servi 10 ans dans l’armée britannique, terminant sa carrière en tant que capitaine. Il a été envoyé deux fois en Afghanistan, la première en 2007 et 2008, une période pendant laquelle il était chargé de coordonner des attaques aériennes, puis à nouveau en 2012 et 2013 en tant que pilote d’hélicoptère de combat.

Des caméras montées à l’avant de l’hélicoptère permettaient de juger de la réussite des missions et également de déterminer précisément combien de personnes il avait tué. Il a défendu ses actions par les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, estimant que les ennemis qu’il combattait en Afghanistan avaient commis un crime contre l’humanité.

Son récit a aussi été critiqué au Royaume-Uni. « On vous aime Prince Harry, mais vous devez vous taire ! », a tweeté Ben McBean, un ancien des Royal Marines qui a perdu un bras et une jambe en Afghanistan en 2008 et que le duc de Sussex décrit dans son livre comme un « véritable héro ».

« Harry s’est maintenant retourné contre son autre famille, les militaires », a dit le colonel de réserve Tim Collins, qui a pris part à la guerre en Irak, au site internet de l’armée britannique. « Ce n’est pas comme ça que nous nous comportons dans l’armée, ce n’est pas ce que nous pensons », a-t-il affirmé au sujet du récit du prince sur les combattants qu’il avait tués.

Il a jugé que le livre était « une tragique escroquerie pour faire de l’argent ». Ce n’est pas la première fois que le prince Harry suscite la controverse à propos de sa participation aux opérations en Afghanistan. En 2013, il avait relevé que tuer des combattants rebelles s’apparentait à un jeu vidéo pour un pilote d’hélicoptère.

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