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Le monde journalistique rend hommage à Jean-Pierre Elkabbach

Le journaliste est décédé à l’âge de 86 ans. Il a marqué le monde politique français par ses interviews.

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Le vétéran du journalisme politique et ancien président d’Europe 1 Jean-Pierre Elkabbach s’est éteint à 86 ans, suscitant une pluie d’hommages de ses pairs et autres admirateurs d’un intervieweur tenace qui a marqué son époque. Canal+ et Europe 1 ont annoncé le décès de leur ancienne vedette mardi soir sur X (ex-Twitter), peu après sa révélation par l’hebdomadaire Paris Match.

Les réactions politiques ont afflué de la part de tous ceux qu’il avait interviewés à un moment ou un autre. Sans surprise, les témoignages de respect se multiplient également de la part des journalistes, dont il a marqué plusieurs générations.

De Michèle Cotta à Léa Salamé

«  Il a été le premier à me donner ma chance », a ainsi souligné Léa Salamé. « Il rêvait grand. Il aimait passionnément son métier. Il aimait passionnément la France, même s’il n’oubliait pas qu’il était né ailleurs. Il vivait l’Histoire. Il était intranquille et bouillonnant, et mettait de l’intensité en tout. (…) Il continuait de m’appeler parfois pour commenter mes émissions, m’engueuler ou me conseiller un invité. Il cite Mauriac en exergue de son autobiographie ’ » J’ai été aimé… et haï. Plus aimé que haï ? Plus haï qu’aimé ? Qui le sait ? » Nous, on vous aimait Jean-Pierre. Merci », écrit-elle encore.

«  On est nombreux à avoir pris ses attaques d’interview en référence », a déclaré Laurence Ferrari sur CNews. «  C’était le meilleur intervieweur qu’on ait eu », a commenté sur BFMTV Alain Duhamel – son ancien partenaire dans «  Cartes sur table » sur Antenne 2 – louant son «  incroyable acharnement » et sa «  méticulosité ». «  C’est quand même toute une époque », a relevé sur la même chaîne Michèle Cotta, membre du même «  clan de journalistes » et de la même génération. « C’était un passionné de notre profession, quelqu’un qui a toujours recherché l’excellence, dans ses questions par exemple. Et puis, c’est quand même tout un clan de journaliste et toute une époque (…) Il a inventé un certain type d’émissions politiques, des émissions combatives, où il posait les vraies questions », a-t-elle ajouté.

60 ans de vie politique

Professionnel infatigable, qui a analysé et commenté plus de 60 ans de vie politique, Jean-Pierre Elkabbach a été patron de radio et de télévision. Il a parfois été brocardé pour ses amitiés politiques supposées – de Valéry Giscard d’Estaing à Nicolas Sarkozy ou François Hollande.

Sa longévité à l’antenne avait fini par lasser une partie du public et conduit à son éviction en 2017 d’Europe 1. Il était alors entré chez CNews, devenant conseiller de Vincent Bolloré, qui contrôlait la chaîne d’info «  qu’il a contribué à créer », comme l’a rappelé sur X le directeur général du groupe Canal+, Gérald Brice-Viret. Delphine Ernotte a salué la mémoire de celui qui fut avant elle patron de France Télévisions et a «  amené le débat public dans tous les foyers ».

Né en 1937, Jean-Pierre Elkabbach a commencé sa carrière comme correspondant de la RTF à Oran, sa ville natale en Algérie, avant d’être nommé à Paris en 1961. Après des années sur le petit écran, il entre à Europe 1 au début des années 80 et y fera de très nombreux aller-retours.

Il y était revenu notamment en 1996, éclaboussé par un scandale sur l’attribution de contrats juteux aux animateurs-producteurs stars de France 2, alors qu’il était patron de France Telévisions… et y restera jusqu’en 2017.

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