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Le vin belge, une utopie devenue réalité

« Soir mag » publie un hors-série exceptionnel qui s’intéresse aux vignobles du plat pays. Chez nous, la culture de la vigne connaît un véritable boom, inespéré il y a de cela quelques décennies.

Journaliste au Soirmag Temps de lecture: 3 min

Notre pays est celui de la bière. Le vin ne fera pas fléchir cette affirmation dans les décennies à venir… Néanmoins, les chiffres prouvent qu’il faut désormais compter avec lui ! En 2022, la production totale du vin belge a atteint trois millions de litres. Des récoltes supérieures « d’au moins 54 % » par rapport au précédent record de 2018. Cette augmentation touche tous les types de vin avec, par exemple, +220 % pour le rouge et +151 % pour le blanc mousseux. En 2022, le Royaume ne comptait pas moins de 259 vignerons, contre 237 en 2021 et 198 en 2020 – amateurs comme professionnels. Et le SPF Économie va avoir du pain sur la planche pour préparer la mise à jour de ces données tant le secteur continue de croître à vitesse grand V.

« Aujourd’hui, tous nos vins sont bons. On a toujours eu de bons vins effervescents, mais maintenant on a de magnifiques rouges, dignes de certains bons vins de Loire », vantait le professeur de physique et référence du vin Fabrizio Bucella au « Soir ». Les vins noir-jaune-rouge sont par contre rarement bon marché – souvent vendus au-delà des 15 euros. Ces prix s’expliquent par les rendements faibles des domaines et des coûts de production élevés : les tarifs du foncier, les plantations, le chai, le matériel… Sans parler de la main-d’œuvre, chère, surtout lorsque les vignerons souhaitent s’entourer d’experts bourguignons ou champenois.

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« Boire du génie »

Le hors-série « Soir mag » s’attelle donc à raconter l’histoire de la viticulture belge et sa trajectoire actuelle, qui tend petit à petit vers l’excellence, au gré des parcours de certains producteurs de vin du plat pays choisis pour ce qu’ils représentent dans l’univers viticole belge. Le domaine est vaste et s’articule autour de nombreux phénomènes : le défi de l’agriculture en Belgique, le bio face au conventionnel, le choix des cépages pour contrer notre capricieuse météo, l’impact du réchauffement climatique, le travail incessant à la vigne, le savoir-faire au chai, les maladies cryptogamiques, le poids des finances, le lien social que le vin a le pouvoir de tisser…

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Au-delà de la production en hausse, la qualité du vin belge étonne de plus en plus experts et consommateurs. En cause ? « Les conditions météorologiques » notamment, pointe le SPF Économie, avec en toile de fond la question du réchauffement climatique. La planète brûle et les vignerons belges profitent, si l’on peut dire, de cette détresse. Pour faire du bon vin, il faut des raisins mûrs. « Le climat évolue et se réchauffe, certes, mais, en Belgique, il subsiste aussi une grande variabilité météorologique », indiquait le chercheur de l’ULiège Sébastien Doutreloup lors d’une conférence de 2022 intitulée « La climatologie appliquée à la vigne ». Notre pays est ainsi devenu le laboratoire des cépages interspécifiques, qui côtoient les cépages traditionnels. Les premiers nommés sont des croisements, plus résistants face aux maladies. Ils permettent plus facilement une viticulture biologique, voire biodynamique. Une gageure au vu du climat pluvieux du Royaume…

Et comme l’écrivait Charles Baudelaire, « boire du vin, c’est boire du génie ».

Un hors-série à retrouver dès à présent en kiosque ou dans la boutique «Soir mag» en ligne.

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