Vincent Dedienne : «C’est assez agréable de jouer les enflures»
Radio, télé, cinéma, théâtre, one-man-show… Vincent Dedienne multiplie les casquettes avec talent et passion.

Faire rire, c’est sa quête, son Graal. Vincent Dedienne le prouve une fois encore avec son second seul-en-scène, gratifié (comme le premier) d’un Molière, « Un soir de gala ». Rencontre.
Vous avez choisi un nom joliment suranné pour votre spectacle. Pourquoi ?
Dans « Mourir sur scène », Dalida chante « Choisis plutôt un soir de gala si tu veux danser avec moi ». J’ai trouvé ça joli. Et je me suis dit que ce serait le titre du seul-en-scène, parce que oui, ça a quelque chose de désuet, de daté. Ça convient bien au contenu du spectacle où je revisite les sketches un peu à l’ancienne. Et on y parle du temps qui passe, de la nostalgie.
Vous y incarnez des personnages assez féroces, tout le contraire de vous ; on se met facilement dans la peau d’un méchant quand on est gentil ?
Déjà, les méchants, ce sont des personnages plus amusants à interpréter. Au théâtre et au cinéma, les gentils, les gens qui n’ont rien à se reprocher ou qui se conduisent en héros, c’est souvent chiant à jouer. Et à regarder. En plus, comme j’ai été bien élevé et que je suis plutôt gentil, c’est assez agréable de jouer les enflures (rire) !
Vous les connaissez, ces personnages ?
Il y en a que j’ai croisés dans la vie, qui m’ont un jour énervé, rendu fou de rage ou que j’ai trouvés injustes. Mais j’y ai mis aussi des choses qui sont en moi et que je surveille : une névrose, un truc qui pourrait se développer. Et pour que justement ça n’arrive pas, je l’amplifie, je le joue, je le fais sortir sur scène. Puis il y a aussi, bien sûr, des personnages que j’ai inventés de toutes pièces.
Faire rire, c’est en vous depuis tout petit ?
Oui. Un jour, j’avais 4 ans, je me promenais avec mes parents. Et là, je me suis dit : « Tiens, si je faisais semblant de tomber pour voir ce que ça fait ? » Résultat, mes parents ont rigolé et l’enfant que j’étais a compris qu’il pouvait déclencher le rire exprès. Le rire des gens, leur visage rieur plutôt que sérieux, ou fâché, c’était un petit trésor à aller chercher.
Doit-on comprendre que vous préférez la scène au cinéma ?
Je ne sais plus qui a dit : « Au théâtre on joue, au cinéma on a joué. » Et c’est vrai. Tous ces gens dans la salle de théâtre, même s’ils sont dans le noir, rient ensemble en même temps, pour les mêmes choses. Après, on les rencontre à la sortie, au bar… Tout ça, c’est à préserver, ça permet vraiment de créer des connexions.
On vous voit aussi dans des films romantiques ; avez-vous conscience de votre image de gendre ou même de petit ami idéal ?
Ah non, pas du tout ! Je déteste me regarder, me voir. Ce qu’il y a de bien avec le théâtre, c’est qu’on ne se voit pas. Au cinéma, on se voit en gros plan, sous toutes les coutures, je déteste ça. Mais ça reste amusant de jouer les lovers dans des films. Même si personnellement, je me prendrais au cinéma seulement après avoir vérifié que les autres ne sont pas libres (rire) !
Où vous voyez-vous dans dix ans ? Toujours sur scène, au cinéma ?
Oui. Ou je vais peut-être m’en lasser, mais je n’en ai pas l’impression. Pour l’instant, ça me convient. Je me vois bien alterner des grands moments de travail avec des grands moments de rien du tout (rire) ! De puzzles et de jeux de société. Plus ça va, plus j’ai le goût pour le farniente. En fait, l’oisiveté, c’est génial. La contemplation, le rien. Et ça, c’est une denrée qui tend à manquer.

« Un soir de gala », le 7/2 à La Sucrerie à Wavre, le 10/4 à Wolubilis, le 12/4 à la Maison de la culture d’Arlon et le 20/11 au Cirque Royal.







