Victoire de la musique 2024: Zaho de Sagazan en grande favorite, le rap et le r’n’b au centre des regards
Rap et r’n’b seront également au centre des regards d’un rendez-vous musical qui les a souvent snobés.

Qui fera entendre sa voix aux Victoires de la musique vendredi ? Zaho de Sagazan, révélation de la chanson, affole les compteurs avec cinq nominations, tandis que le rap se demande si sa visibilité inédite sera enfin récompensée.
«Je rêve» est un des titres de son premier album «La symphonie des éclairs», mais à 24 ans, Zaho de Sagazan connaît un succès bien réel.
Inconnue il y a un an et demi quand elle arpentait la scène du Point Éphémère, petite salle parisienne, la native de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a fait 115 dates l’an passé, soit un jour sur trois.
Son agenda est déjà bien rempli et la taille des enceintes a changé en 2024, avec une tournée des salles de type Zenith, dont celui de Paris mi-mars, déjà complet. Les autres (Marseille, Lille, etc) suivront en novembre. D’ici la jeune femme à la chevelure peroxydée va s’exporter en francophonie avec au programme Québec, Suisse et Belgique.
Et la voilà donc en tête des nominations, devant les monuments Etienne Daho ou Véronique Sanson, émargeant dans les catégories «révélation féminine», «révélation scène», «album», «chanson originale» et «création audiovisuelle» (clip).
«Singularité»
Celles et ceux qui ne la connaissent pas vont la découvrir vendredi soir, dans une cérémonie en direct à partir de 21h10 sur France 2 et France Inter, avec Léa Salamé et Cyril Féraud à la présentation, Zazie pour présidente d’honneur, tandis que Bernard Lavilliers recevra une Victoire d’honneur.
Son univers s’articule autour d’une écriture à fleur de peau, une incarnation à la Brel et Barbara, le tout servi par une ambiance électro.
«Sa singularité» a réussi «à séduire un public de toutes générations», loue pour l’AFP Olivier Nusse, président de Universal Music France, qui distribue l’album de la chanteuse qui a son propre label, Disparate. Ce responsable, depuis plusieurs décennies dans la filière musicale, confie qu’il a «rarement vu» une telle progression en dehors de la sphère rap et r’n’b.
Rap et r’n’b seront également au centre des regards d’un rendez-vous musical qui les a souvent snobés. OrelSan a bien remporté 12 trophées aux Victoires, mais son style fédérateur ne reflète pas la diversité de ce genre prisé des jeunes audiences.
Cette fois, pour tenter de se faire pardonner, Aya Nakamura figure dans la catégorie artiste féminine, face à Jain, Louane et Véronique Sanson.
«Bouger un peu l’industrie»
Figure du r’n’b, encensée par les enfants de Madonna, chanteuse francophone la plus écoutée dans le monde, Aya Nakamura n’a récolté jusqu’ici qu’une récompense annexe aux Victoires: le titre -- qui n’existe plus -- d’artiste la plus streamée. Soit une validation statistique, loin d’une reconnaissance artistique de ses pairs et des professionnels du milieu.
L’apparition du rappeur Gazo dans la catégorie de l’artiste masculin, en concurrence avec Vianney, Etienne Daho et Pierre de Maere, procède de la même tentative de rééquilibrage.
La création l’an dernier des Flammes, cérémonie dédiée au rap et ses courants, a ainsi «fait bouger un peu l’industrie et, cette année, les nommés des Victoires sont bien plus représentatifs de ce qui marche en France», analyse pour l’AFP Nicolas du Roy, directeur éditorial de Spotify France.
On y décèle aussi la patte de Vincent Frèrebeau, nouveau président des Victoires, revenu à un poste tournant déjà occupé en 2005-06 et 2012-13.
Ce responsable a eu le courage de reconnaître les maux qui ont plombé les Victoires dans le passé: «entre-soi», «petits arrangements entre amis» et «manque de diversité».
Le mode de désignation parmi les professionnels de la filière musicale fait désormais moins la part belle aux maisons de disques. Reste à connaître le verdict de la 39e édition.
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