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Les images impressionnantes du carnaval de Rio (photos et vidéos)

Ce dimanche soir, le carnaval de Rio s’est élancé dans les rues de la ville pour deux nuits de fête.

Photo - Temps de lecture: 4 min

Dans un fracas de percussions, d’éclairs et de cris, le carnaval de Rio s’est élancé dimanche soir: les prestigieuses écoles de samba se mesurent dans «le plus grand spectacle de la Terre».

«C’est le grand jour», entend-on. Ou plutôt la première de deux longues nuits, qui verront chacune six écoles offrir un spectacle inouï.

Le lieu est le même depuis 40 ans: le Sambodrome, mythique enceinte signée de l’architecte Oscar Niemeyer.

L’école Porto da Pedra a été la première à entrer sur l’avenue Marques de Sapucai, une artère de 700 mètres de long flanquée de tribunes aux 70.000 places.

Et quelle entrée en matière! Un gigantesque tigre mécanique aux pattes mobiles donne le ton: le carnaval promet de régaler son public et les millions de téléspectateurs brésiliens avec ses chars monumentaux, ses danseuses et danseurs aux costumes étincelants, et la puissance des sections rythmiques.

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Allure de basketteur placide, Neulson Firmino, 30 ans, appartient à la «batterie» de Porto da Pedra: «C’est une émotion qu’on ne peut expliquer», a-t-il confié quelques minutes avant le défilé.

A travers la féérie, les écoles de samba vont parler du Brésil, de son histoire et de son identité.

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«Les écoles de samba sont attentives au contexte social, politique, et elles se servent de leur espace, de l’heure qu’elles vont passer sur l’avenue Marques de Sapucai, pour s’exprimer», indique Vivian Pereira, membre du groupe d’étude indépendant Quilombo do samba.

Au programme: éloge de la sagesse populaire, exaltation de figures noires méconnues, ou très connues comme la chanteuse Alcione, évocation de traditions plongeant leurs racines en Afrique mais aussi honneur rendu aux communautés indigènes.

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L’un des moments forts de cette première nuit promet d’être le défilé de l’école Salgueiro: elle célébre les Yanomami, peuple d’Amazonie affrontant une crise humanitaire causée par les incursions d’orpailleurs illégaux, entraînant pollution, sous-alimentation et morts.

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Quelques heures avant le défilé de son école, Marina Oliveira, les yeux brillants, s’offrait le bonheur d’un selfie devant un char «allégorique».

«Il a une force féminine, ce char a été entièrement fait par des femmes», dit la jeune femme de 35 ans, maquillage et tenue inspirés des Yanomami.

Elle est «très nerveuse» car c’est sa première participation à un défilé, mais aussi parce que cette artisane a participé à la confection de costumes.

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«On donne notre sang»

Avec le retour au pouvoir l’an dernier du leader de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, le ton général paraît globalement moins offensif qu’il ne l’était durant les quatre années de mandat de Jair Bolsonaro.

L’ex-président d’extrême droite, qui n’a jamais caché son peu de sympathie pour la culture de la samba, est plus que jamais menacé par une enquête sur un présumé projet de «tentative de coup d’Etat» mis en place par son camp pour conjurer sa défaite électorale en 2022.

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La samba a été inventée il y a un siècle par les communautés descendantes des esclaves africains conduits de force au Brésil. Depuis lors, elle est l’emblème de la culture populaire de Rio.

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Les 12 écoles les plus renommées se préparent depuis un an pour arracher le titre de championne à l’issue d’un défilé de 60 à 70 minutes chacune. Leur sort sera tranché par des jurés.

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«Citoyenneté ludique»

Déploiement policier autour du Sambodrome pour parer à une criminalité aiguë à Rio, mesures pour contrer une épidémie de dengue (une cinquantaine de décès confirmés dans le pays): il s’agit de ne pas gâcher une fête à l’impact économique énorme — 5,3 milliards de reais (un milliard d’euros) attendus pour l’économie durant toute la période du carnaval.

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Alexandre Reis, 52 ans, est technicien au sein de l’école Beija-Flor. Quelques heures avant l’entrée en scène, son équipe gère une urgence: des lumières défectueuses sur un énorme char surmonté de sculptures d’inspiration africaine.

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«On donne notre sueur et notre sang parce qu’on aime» cette école, lance-t-il.

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Parallèlement, le carnaval de rue, emmené par les «blocos» et leurs cortèges aux styles musicaux variés, se déchaîne en journée à travers la ville.

La grande écrivaine noire Conceiçao Evaristo, honorée samedi par un «bloco» dans le quartier chic d’Ipanema, connu pour sa plage de rêve, a formulé ce voeu: «Que ce moment de fête transforme» la société brésilienne «et que tout le monde soit intégré, non par une citoyenneté ludique, mais par une citoyenneté de droit».

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