L’Église de la Scientologie se fraye un chemin à travers les Jeux olympiques
Tom Cruise et des tracts distribués auprès des jeunes, l’Église de la Scientologie s’implique dans de nombreux événements en marge des JO, de quoi inquiéter les organismes qui luttent contre les dérives sectaires.

Campagne anti-drogue et opération « portes ouvertes » : fraîchement installée dans ses locaux de Saint-Denis, à une encablure du Stade de France, la Scientologie s’active pendant les Jeux Olympiques, suscitant l’inquiétude des pourfendeurs des dérives sectaires.
L’organisation fondée en 1952-53 par L. Ron Hubbard compte bien profiter de la visibilité que permettent les Jeux olympiques : une vaste opération de sensibilisation a été lancée via l’association « Non à la drogue, oui à la vie » qui ambitionne de distribuer, d’ici le 11 août, un million de petits livrets mettant en garde contre les dangers des drogues.
Avec la présence attendue de Tom Cruise à la cérémonie de clôture des JO, la question de l’influence se pose. L’acteur a été un membre actif de l’Église de Scientologie pendant plus de 20 ans. Il semblerait cependant qu’il a pris ses distances vis-à-vis de cet organisme depuis 2021, s’inquiétant pour son image. « Le simple fait que l’on évoque sa présence est une insulte aux victimes. C’est vraiment un mauvais message », affirme Catherine Katz. « C’est une honte », renchérit Charline Delporte, encore indignée que l’acteur a été fait Chevalier des arts et des lettres fin juillet.
Des tracts et des organisations qui ne disent pas leur nom
L’Église de la Scientologie vend l’idée d’un processus très long pour atteindre une quelconque réponse. En attendant, les adeptes sont invités à dépenser des milliers d’euros en matériel et séances qui tournent en boucle.
« Ils sont très présents dans les grands événements sportifs, ils vont sans doute toucher beaucoup de jeunes, je suis très inquiète », ajoute Charline Delporte, présidente du Caffes, une autre association de victimes. La Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) assure de son côté avoir reçu plusieurs signalements sur la distribution de tracts auprès de particuliers et de commerçants dans plusieurs arrondissements de Paris.
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Dans un communiqué, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) rappelle que les « risques de déstabilisation mentale, d’exigences financières exorbitantes, et de rupture avec l’environnement d’origine, notamment familial » de la Scientologie, dont plusieurs adeptes ou structures ont été condamnés en France, notamment pour escroquerie.
Même s’il ne s’agit pour l’instant que de rumeurs insistantes, « le simple fait que l’on évoque sa présence est une insulte aux victimes. C’est vraiment un mauvais message », affirme l’ancienne juge Catherine Katz.
La Scientologie revendiquait « de 40.000 à 45.000 membres » en France en 2022, mais selon un bon connaisseur du dossier le chiffrage s’élèverait plutôt à plusieurs centaines.








