En pension, en Indochine, au cinéma: la vie tourmentée d’Alain Delon
La carrière d’Alain Delon n’était pas toute tracée.
Enfant ballotté dont on ne sait que faire, mal-aimé (sauf par sa mère, Édith Boulogne), fils unique, Delon grandit comme une mauvaise herbe. À 17 ans, en panne d’horizon, il s’engage dans la marine direction l’Indochine. Un sauve-qui-peut ! Mais son caractère rebelle lui joue des tours : « J’ai dû quitter l’armée après avoir fait des conneries. Je suis un cas rare, RDSF, « renvoyé dans ses foyers », tellement j’ai emmerdé le monde. J’ai un contrat de cinq ans et ils me virent au bout de trois ans et demi. » À 20 ans, il est en prison, très loin de chez lui. Delon revient en France le 1er mai 1956. À l’instinct, doté d’un physique avantageux, il vivote d’abord à Paris. Avoue sans détour que, si la vie avait mal tourné, il aurait fait travailler des filles à Pigalle, mais des réalisateurs l’ont repéré. Delon tape dans l’œil d’Yves Allégret qui voit sa vraie nature. « Il me dit : “Écoute-moi bien. Ne joue pas, je veux que tu vives. Sois toi. Regarde comme tu regardes. Bouge comme tu bouges. Parle comme tu parles.






