Le roi d’Espagne pas invité au Mexique après un différend avec l’ancien président
Le Mexique a décidé de ne pas convier le roi d’Espagne à la cérémonie d’investiture de la nouvelle présidente Claudia Sheinbaum, le 1er octobre prochain.

Le Mexique n’a pas invité le roi d’Espagne Felipe VI à la cérémonie d’investiture de la présidente Claudia Sheinbaum le 1er octobre parce qu’il refuse de reconnaître les « dommages » provoqués par la conquête il y a cinq siècles, a déclaré mercredi Mme Sheinbaum.
Le roi d’Espagne n’a jamais répondu à une lettre du président sortant envoyée en 2021 lui proposant de reconnaître « de manière publique et officielle » les « dommages » provoqués par la conquête, a expliqué Mme Sheinbaum dans un communiqué. « Malheureusement, cette lettre n’a jamais eu de réponse de manière directe, comme cela aurait dû se faire dans la meilleure pratique des relations bilatérales », ajoute Mme Sheinbaum, regrettant qu’une partie de ce courrier ait filtré dans la presse.
En juillet dernier, le Mexique avait invité en revanche le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez à la cérémonie d’investiture du 1er octobre, est-il encore précisé dans ce communiqué.
Des liens entre l’Espagne et le Mexique
L’Espagne, l’un des principaux partenaires du Mexique, a annoncé mardi soir qu’elle boycotterait la cérémonie d’investiture de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum le 1er octobre, considérant « inacceptable » que le roi Felipe VI n’y ait pas été invité.
« Le gouvernement espagnol considère inacceptable l’exclusion de Sa Majesté le roi de l’invitation à la cérémonie d’investiture de la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum Pardo, le 1er octobre prochain à Mexico », a écrit dans un communiqué le ministère espagnol des Affaires étrangères. « Pour cette raison, le gouvernement espagnol a décidé de ne pas participer à cette cérémonie d’investiture à aucun niveau », ajoute Madrid.
Il y a une semaine, le Mexique avait publié la liste des invités à la cérémonie d’investiture de la première femme présidente dans l’histoire du pays, élue sous l’étiquette du parti de gauche au pouvoir Morena.
Le roi d’Espagne Felipe VI ne figurait pas dans cette liste où apparaissent les principaux leaders de la gauche d’Amérique latine, à commencer par le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva, et la première dame des Etats-Unis, Jill Biden. Le roi d’Espagne, comme prince héritier ou comme souverain, a participé à quelque 80 cérémonies d’investiture en Amérique latine, a rappelé le quotidien El Pais, qui a révélé cette information mardi soir.
Une « pause »
L’Espagne et le Mexique sont unis par des liens historiques, humains et économiques puissants. Des milliers d’entreprises espagnoles opèrent au Mexique, à commencer par les banques BBVA et Santander, deux des leaders sur le marché mexicain.
Pendant son mandat, le président sortant Andres Manuel Lopez Obrador a déclaré à deux reprises une « pause » dans la relation avec l’Espagne, ex-puissance coloniale. Dans une lettre de 2021, il proposait « que les deux pays s’accordent et écrivent un récit partagé, public de leur histoire en commun », rappelle Mme Sheinbaum dans son communiqué.








