Mort de Michel Blanc: une pluie d’hommages du monde du cinéma
Le monde du cinéma est en deuil à l’annonce de la mort de Michel Blanc.

Insupportable Jean-Claude Dusse dans « Les Bronzés », acteur majeur du cinéma comique dans les années 80 avant de s’orienter vers des rôles dramatiques et une carrière de réalisateur, Michel Blanc est mort à l’âge de 72 ans dans la nuit de jeudi à vendredi.
Annoncée par Paris Match, sa mort a été confirmée à l’AFP par l’attaché de presse de ses principaux films, Laurent Renard.
L’acteur a fait un malaise cardiaque dans la soirée et a été transporté dans un état sérieux dans un hôpital parisien, a précisé son entourage à l’AFP.
« Putain, Michel… Qu’est-ce que tu nous as fait… », a réagi sur Instagram Gérard Jugnot, son complice de la troupe comique du Splendid, résumant la stupeur et l’émotion du public à l’annonce de cette mort.
« Michel mon pote, mon frère, mon partenaire », a écrit sur le même réseau social Josiane Balasko, elle aussi membre de la troupe qui les a amenés à la célébrité.
L’ensemble de la troupe du Splendid a d’ailleurs réagi via un court communiqué et a fait part de son « immense douleur ». « La Troupe du Splendid Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Bruno Moynot, s’associent d’une seule et unique voix pour exprimer leur douleur immense suite au décès de leur ami et compagnon Michel Blanc. Nous vous remercions chaleureusement de tous vos témoignages de soutien et d’amitié. Merci de respecter notre silence et recueillement ».
« Ce matin, la peine est immense, à la mesure de son talent (…). Le cinéma, le monde de la culture comme l’ensemble des Français ne l’oublieront pas », a estimé la ministre française de la Culture, Rachida Dati, sur le réseau social X.
À l’image de celui de Jean-Claude Dusse, dans « Les Bronzés » de Patrice Leconte (1978), ou de Denis dans « Marche à l’ombre » (1984), qu’il avait réalisé, ce sont les personnages comiques de losers exaspérants qui lui ont valu son immense popularité auprès du public.
Sur les antennes de RTL France, Patrice Leconte n’en revient pas : « Je n’arrive pas à imaginer qu’il ne soit plus là. » Il ajoute : « Ce qui va me manquer c’est lui, ce qu’il était (…) C’était un ami intime, on a fait plein de choses ensemble qui sont de très bons souvenirs. »
Dans ces films, Michel Blanc crée un archétype comique, celui du chauve maigrichon et moustachu aussi exaspérant qu’attachant, qui lui collera ensuite à la peau.
« À l’époque, on a écrit des personnages qui étaient assez proches de nous. Jean-Claude Dusse, c’était clairement pour moi, pas pour Thierry Lhermitte (le playboy dans « Les Bronzés » ndlr). J’ai très vite eu peur qu’on m’y associe toute ma vie », avait-il raconté à Paris Match au printemps.
Il prend alors d’autres chemins, avec des rôles dramatiques comme celui du travesti Antoine dans « Tenue de soirée » (1986) de Bertrand Blier, ou de l’inquiétant « Monsieur Hire » (1989) de Patrice Leconte, d’après un livre de Georges Simenon.
Avec sa mort, « on célébrera l’acteur des Bronzés et autres succès publics de celui au physique souffreteux du Français à qui on ne la fait pas », mais « espérons qu’on n’oubliera pas un film où il est acteur et réalisateur », et « ce ‘Monsieur Hire’ qui est un chef-d’œuvre », a réagi l’ancien président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, sur X.
D’autres personnalités ont aussi réagi comme Pierre Niney. L’acteur, actuellement à l’affiche du « Comte de Monte-Cristo », a fait ses débuts au cinéma avec Michel Blanc. Il jouait en effet son fils dans « Nos 18 ans ». « Michel Blanc, immense acteur, drôle et profond, simple et touchant. Sa gentillesse et son talent m’avaient tant impressionné lors de mon 1er tournage de film, j’avais 18 ans, je jouais son fils. J’ai su que je voulais être acteur grâce à ce genre de rencontre », a-t-il écrit sur X.
L’humoriste Hakim Jemili avec qui il a partagé l’affiche de « Docteur ? » en 2019 rend également hommage à son « papa du cinéma ». Il se souvient : « Merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Merci pour tous tes conseils, merci pour les fous rires, merci de m’avoir fait grandir en tant qu’humain et merci de m’avoir appris à jouer devant la caméra. Tu m’as appris le métier d’acteur, tu m’as appris à être juste et naturel. Un jour après une scène tu m’as pris à part, seul à seul, à l’abri des regards et tu m’as dit en chuchotant ‘la caméra voit tout Hakim, joue doucement ne t’inquiète pas je te suis’ c’était rassurant et j’ai tout de suite compris ce que tu voulais dire… »
De son côté, Gérard Lanvin écrit sobrement : « Michel, quelle mauvaise nouvelle, repose en paix mon amigo… »
Gros bosseur, perfectionniste, Michel Blanc savait utiliser ses complexes et son talent d’écriture pour explorer le désenchantement et façonner les personnages de ses films, notamment ceux qu’il avait réalisés comme « Grosse Fatigue » (1994) et « Embrassez qui vous voudrez » (2002).
En 2006, Patrice Leconte avait à nouveau réuni la troupe des « Bronzés » pour un troisième volet, qui avait été un échec critique.
Retrouvez plus d’actualités sur www.soirmag.be et sur Facebook.






