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Brigitte Lahaie: «On m’a régulièrement jeté mon passé sulfureux à la figure»

Brigitte Lahaie se raconte dans un livre qui mêle photos inédites et souvenirs exclusifs. L’ancienne actrice X anime aussi chaque jour, de 14 à 16 heures, une émission sur « Sud Radio ».

Entretien - Temps de lecture: 6 min

Vous publiez un livre où, à côté de photos inédites, vous racontez pour la première fois votre vie, en vous mettant, si j’ose dire, moralement à nu…

Quand on m’a proposé de publier ces documents, je me suis dit que c’était l’occasion de raconter des choses intimes, de répondre à celles et ceux qui me demandent ce qui m’a façonnée, comment j’ai fait pour devenir ce que je suis aujourd’hui.

Dès votre naissance, on vous a prédit un destin extraordinaire !

La religieuse qui m’a mise au monde l’a assuré à ma mère quelques minutes après ma naissance. Je suis passionnée d’astrologie et, en réalisant voici quelques années mon thème astral, je me suis aperçue que les planètes étaient effectivement alignées dans ce sens.

Votre première photo nue remonte à vos très jeunes années, c’est cela ?

Je la dois à mon frère qui l’a prise dans le grenier de notre maison. Elle est venue naturellement sans que cela pose le moindre problème de pudeur.

À l’origine, vous ne vouliez pas être actrice, mais mannequin…

C’était mon rêve d’adolescente. Mais chaque fois que je me présentais dans une agence, on me reprochait d’avoir trop de poitrine. Un jour, je découvre dans le quotidien « France Soir » une petite annonce d’un producteur qui recherche un mannequin avec une forte poitrine. Je me présente, je suis retenue, mais j’ignore à ce moment-là que je vais tourner dans un film X. Ayant la chance d’être bien dans mon corps, j’ai eu le sentiment que me déshabiller devant une caméra était quelque chose de naturel. C’est ainsi que j’ai débuté au cinéma.

Votre jeune carrière a également été marquée par des photos publiées dans le magazine « Lui » !

J’ai fait la connaissance dans une soirée libertine d’un photographe célèbre, Francis Giacobetti. Il m’a proposé un reportage dont la publication a été un événement. Je suis devenue « l’actrice X du moment ».

Vous êtes devenue fréquentable grâce à Bernard Pivot, n’est-ce pas ?

En 1987, je publie un livre, « Moi la scandaleuse » et je propose à mon attaché de presse de l’envoyer au présentateur d’« Apostrophes » car il aime recevoir de temps à autre des personnages un peu hors du commun. Il me répond : « Mais vous rêvez ma petite ! » Sans que qui que ce soit intervienne, Pivot a demandé à m’inviter. Le lendemain de la diffusion, on demandait dans les librairies le livre de la jeune femme blonde passée dans « Apostrophes ». Les ventes ont dépassé les 100.000 exemplaires !

Au milieu des années 80, vous apparaissez encore dans quelques films érotiques mais, en parallèle, vous avez entamé une reconversion professionnelle en acceptant de courtes apparitions dans des longs-métrages plus « grand public »…

Afin de ne pas mélanger les genres, j’ai choisi d’être créditée au générique sous le nom de Brigitte Simonin. Mon souvenir le plus marquant, c’est le rôle d’une infirmière dans « Pour la peau d’un flic ». Je me suis retrouvée face à Alain Delon. Il était l’idole de mon enfance, mais j’étais tellement intimidée que je n’ai pas su quoi lui dire. Il m’a invitée à Douchy, mais j’ai refusé et suis partie en courant. Je le regrette encore aujourd’hui.

À la fin des années 90, vous avez fait un virage à 180° en participant à une revue de chansonniers au Théâtre des Deux-Ânes. Racontez-nous !

J’avais décidé de prendre ma retraite d’actrice de films X, qui est un métier fatigant même si l’on passe son temps allongé. J’ai alors connu une traversée du désert qui a duré quatre ans. J’ai pris des cours de théâtre et joué un « seule en scène » dans un minuscule théâtre du côté des Halles. Jacques Mailhot, le directeur des Deux-Ânes, est venu me voir et m’a proposé d’intégrer sa troupe. C’est ainsi que j’ai participé avec Jean Roucas, Jean Amadou et quelques autres à une revue intitulée « Petit Papa Lionel ». Lionel Jospin, candidat des socialistes, avait gagné les élections législatives et Jacques Chirac, le président de la République, était contraint de le nommer Premier ministre. Cela n’a pas été facile pour moi, car je devais aller en permanence vers le public pour le faire rire, alors que je suis plutôt une introvertie.

Vous avez vécu pendant cinq ans une histoire d’amour avec René Château, récemment disparu. Il a longtemps travaillé avec Jean-Paul Belmondo avant de devenir « la mémoire du cinéma français », en restaurant des films parfois très anciens…

Il m’a soutenue quand j’ai décidé de reprendre ma véritable identité en m’aidant à assumer ce passé sulfureux qu’on me jetait régulièrement à la figure. C’est grâce à lui que j’ai été engagée dans quelques films, malgré la réticence initiale des producteurs. Il était passionné de cinéma. Le mercredi, jour de la sortie des films, il nous arrivait d’aller en voir trois d’affilée.

Les chevaux ont également fait partie de votre vie…

Le déclic s’est produit lorsque j’ai vu à la télévision « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ». J’ai été fascinée par Robert Redford. Quelques années après, je me suis retrouvée à côté de lui lors d’une projection à Cannes. Je n’ai pas osé lui parler ! Je me suis installée à la campagne où j’ai vécu au milieu de plusieurs chevaux, en enchaînant les concours de saut d’obstacles. J’en ai gagné, mais j’ai aussi connu des chutes qui m’ont valu quelques fractures. L’une d’entre elles m’a fait particulièrement peur. J’ai failli me fracasser sur un gros rocher. Mon corps ayant dévié instinctivement, je suis tombée sur les mains, ce qui a brisé mes deux avant-bras. J’ai passé six semaines dans le plâtre et remplacé ensuite les randonnées à cheval par la marche en compagnie de mes dogues allemands. Je suis un jour tombée amoureuse de l’un de ces chiens et j’en ai eu beaucoup depuis.

Vous assurez que la spiritualité et la méditation vous ont aidée à devenir la femme que vous êtes aujourd’hui. Pourquoi ?

J’ai pris le chemin d’un développement personnel que j’ai suivi avec beaucoup d’humilité. Je commence à comprendre enfin pourquoi j’ai eu autant de succès auprès des hommes. Très sincèrement, je ne m’en étais jamais rendu compte. Cette naïveté m’a protégée de ce que certains sont en droit d’appeler des bêtises.

« Lahaie par Brigitte », Brigitte Lahaie, Pulse Video, 176 pages, 30 euros. Pour public averti.

cover livre brigitte
DR

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