Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Butterfly Ball », Roger Glover (1973)

Entre 1969 et 1973, le bassiste Roger Glover passe quatre années avec Deep Purple au cours desquelles le groupe écrit ses plus grands succès avec des albums comme « Deep Purple in Rock », « Fireball », « Machine Head », « Who Do We Think We Are » et le légendaire album live « Made in Japan ».
Si l’on excepte les trois albums suivants où il sera remplacé par Glenn Hughes, comme Ian Gilan le chanteur le sera par David Coverdale, Roger Glover a quasiment passé à ce jour six décennies au sein du « Pourpre Profond ». On notera que le seul musicien de Deep Purple à avoir été présent sur tous les albums et à tous les concerts est le batteur Ian Paice.
Lorsque Deep Purple se reforme en avril 1984, Roger Glover et Ian Gilan reviennent dans le groupe et y sont toujours depuis lors.
En 1974, Glover sort son premier album solo, « The Butterfly Ball and the Grasshopper’s Feast ». C’est un très riche album où il invite de nombreux artistes et amis. On y croise donc David Coverdale, Glenn Hughes, Tony Ashton, John Lawton et Ronnie James Dio, qui se partagent les parties de chant. Ils sont accompagnés par Glover à la basse et d’une kyrielle d’excellents musiciens de studio. « The Butterfly Ball and the Gasshopper’s Feast » est un concept album d’opéra rock issu d’un livre de contes pour enfants du même nom, mettant en scène petits mammifères, insectes et autres arachnides.
Un succès mondial
Glover obtient un énorme succès grâce à la chanson « Love is all » chantée par Ronnie James Dio, dont le clip vidéo sous forme de dessin animé est très coloré et surtout très original. La mélodie est instantanément reconnaissable et elle respire le bonheur. Le texte est hyper positif, nous sommes à la fin du mouvement « Peace and Love » et des Trente Glorieuses.
Bien que la chanson n’ait pas été un hit immédiatement au Royaume-Uni, elle sera un succès aux Pays-Bas, en Belgique, en Australie, au Japon et dans beaucoup d’autres pays.
Ronnie James Dio, le chanteur, est encore quasi un inconnu à l’époque, mais avec ce « Love is all », la puissance de sa voix s’impose rapidement partout. Il sera par la suite chanteur de Rainbow et de Black Sabbath, mais c’est surtout en solo qu’il deviendra un des plus grands chanteurs de hard rock au monde. Dio a également inventé et popularisé le geste des « cornes du Diable » que l’on fait avec les doigts de la main, un élément déterminant dans la culture métal.
Au-delà de ses contributions en tant que bassiste de Deep Purple, Roger Glover a également joué de la basse sur le premier album solo de Jon Lord, le claviériste de Deep Purple, « Gemini Suite », en 1971.
On sait d’ailleurs très peu que le projet « Butterfly Ball » était au départ dévolu à John Lord, Glover devant simplement l’aider. Lord, trop occupé à tourner intensivement avec Deep Purple, devra finalement décliner l’offre et Roger Glover prendra sa place, mais l’idée de base restera à John Lord.
En plus de son rôle de bassiste, Roger Glover a également produit quatre albums de Deep Purple, collaboré avec Nazareth comme producteur, renforçant ainsi son héritage en tant que l’une des figures les plus importantes de l’histoire de Deep Purple, avec l’immense Richie Blackmore bien entendu.
Un album méconnu, souvent caché par son hit « Love is all », mais très bien fichu et qui mérite vraiment que l’on s’y attarde aujourd’hui encore. Ronnie James Dio nous a quittés le 16 mai 2010. Glover aura 80 ans le 30 novembre prochain.










