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« C’est sûr que j’ai dû être lourd » : le mea culpa des acteurs du cinéma français

Gilles Lellouche, Jean Dujardin, Pio Marmaï et Jean-Paul Rouve ont été entendus dans le cadre d’une Commission d’enquête relative aux violences commises dans le cinéma.
Par La rédaction
Temps de lecture: 3 min

En mai dernier, Judith Godrèche a lancé l’initiative d’une commission d’enquête sur les violences dans le cinéma. Plusieurs réunions ont déjà eu lieu et des discussions sont encore en cours. Plusieurs acteurs ont été entendus pour des discussions à huis clos, à savoir Gilles Lellouche, Jean Dujardin, Pio Marmaï et Jean-Paul Rouve. Les échanges ont finalement été dévoilés sur le site de l’Assemblée nationale.

Gilles Lellouche et Jean Dujardin ont surtout dénoncé un phénomène longtemps passé sous silence. Encore aujourd’hui, la problématique des violences et du harcèlement sexuel pourrait être mieux abordée via des formations. « On doit désormais suivre (une formation sur les violences ou harcèlements sexistes et sexuels) lorsqu’on a, je crois, au moins 25 % des répliques d’un film », a confié Jean Dujardin.

Gilles Lellouche rapporte également que plusieurs personnes lui ont fait part de faits de harcèlement : « J’ai entendu des choses : des maquilleuses m’ont parlé d’acteurs aux mains baladeuses et de réflexions grasses et débiles – c’est assez fréquent ». Il se souvient également « qu’une jeune comédienne » lui a confié « que le réalisateur venait frapper à sa porte le soir ».

Des attitudes qui ne permettaient pas ce genre de témoignages

Jean-Paul Rouve assure n’avoir jamais rien vu : « Nous ne mentons pas quand nous disons n’avoir rien vu ni entendu. Les femmes, de manière générale, ne parlent pas des gestes et des regards déplacés qu’elles subissent constamment, dans la rue et ailleurs (…) Mes amies comédiennes ne m’en parlent pas parce que, malheureusement, elles considèrent que c’est dans l’ordre des choses ».

Ils se sont cependant accordés sur le fait qu’ils ont peut-être eu des attitudes qui ne permettaient pas ce genre de témoignages de leur arriver. « Peut-être que nous ne donnions pas suffisamment confiance pour que l’on vienne nous dire les choses », déclare Gilles Lellouche. Jean Dujardin ajoute : « Il y a forcément des choses que nous avons loupées sur les plateaux. Évidemment. Des lourdeurs. Des choses qui nous semblaient totalement anodines ».

« J’ai 52 ans, ça fait vingt ans que je fais ce métier. Si je dois faire une radioscopie de mes comportements, c’est sûr que j’ai dû être lourd ; c’est évident », concède Gilles Lellouche, rejoint par Pio Marmaï : « Je pense que j’ai pu être lourd dans ma façon de signifier les choses ». Tous se disent prêts à agir s’ils entendent parler de quelque chose.

Enfin, ils reconnaissent également un flou autour des scènes de sexe. Le manque de précision amène bien souvent à des tournages chaotiques et difficiles à vivre pour les acteurs. Mais une évolution est observée selon Pio Marmaï qui déclare : « Les scénarios sont beaucoup plus précis et les coordinateurs d’intimité contribuent à définir ce que l’on va fabriquer ensemble ». Gilles Lellouche suggère : « On pourrait imposer un story-board, un document exhaustif ».

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