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« Je ne l’ai pas touchée » : Gérard Depardieu continue de nier toute agression sexuelle

Au troisième jour du procès, l’acteur et la deuxième plaignante ont livré des versions différentes des faits survenus lors du tournage du film « Les Volets verts ».
Par la rédaction avec AFP
Temps de lecture: 1 min

« Je l’ai peut-être frôlée avec le dos dans le couloir, mais je ne l’ai pas touchée ! », a déclaré Gérard Depardieu à la barre ce mercredi 26 mars. Au troisième jour de son procès, l’acteur continue de nier toute agression sexuelle lors du tournage du film « Les Volets verts » de Jean Becker. La veille, il avait déjà nié s’en être pris à l’autre plaignante. Aujourd’hui, Gérard Depardieu et Sarah (prénom modifié), la seconde plaignante, ont livré des versions différentes devant le tribunal correctionnel de Paris.

« Je n’ai pas fait d’agression sexuelle, une agression c’est plus grave que ça, je crois», a déclaré l’acteur. « Plus grave que quoi ? », l’a interpellé l’avocate de Sarah (prénom modifié), Me Claude Vincent. « Plus grave qu’une main aux fesses. Enfin, je n’ai pas mis de main aux fesses ! », s’est empressé d’ajouter l’acteur.

Gérard Depardieu, 76 ans, raconte n’être jamais seul sur un tournage, toujours accompagné de son équipe : habilleuse, maquilleuse, garde du corps. Ce n’est pas ce dont se souvient Sarah, troisième assistante sur le film, chargée, le 1er septembre 2021, d’accompagner l’acteur de la loge vers le plateau.

« Ce soir-là, son équipe n’est pas là », a décrit la jeune femme. « On est parti des loges, il faisait nuit et au bout de la rue, il a mis la main sur ma fesse, il l’a posée tranquillement», a mimé Sarah, debout à la barre, à quelques mètres de Gérard Depardieu. Sarah, 34 ans, a indiqué avoir été agressée ensuite à deux reprises, touchée sur les fesses et sur les seins. Les deux dernières fois, a-t-elle assuré, « j’ai dit non ! », passée la sidération. L’assistante a expliqué avoir d’abord gardé ces épisodes pour elle par peur des conséquences sur son travail, avant d’en parler à sa responsable. C’est cette dernière qui aurait contacté la production du film pour demander des excuses à Gérard Depardieu.

Il s’est excusé « de façon assez énervée», se souvient Sarah, ajoutant qu’ensuite, il lui a fait vivre un enfer, la traitant « de balance», «de folle » et refusant de travailler avec elle. « Je ne voulais pas que des jeunes femmes viennent près de la loge parce que je suis grossier ! », s’est défendu l’acteur pour expliquer son comportement. « J’ai dit : arrêtons avec les personnes choquées, puisqu’un rien choque. Je préfère que ce soit un homme. »

« Mais M. Depardieu, elle ne dénonce pas que vos mots, mais aussi des gestes ! », est alors intervenu le président du tribunal. « Je suis vulgaire, grossier, ordurier, je veux bien ! Mais je ne suis pas que ça ! Je respecte les gens ! », s’est indigné l’acteur. « Je ne touche pas. »

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Citée comme témoin par la défense de Gérard Depardieu, Fanny Ardant a déclaré n’avoir « jamais assisté à un geste que j’aurais trouvé choquant ». « Je suis une femme moi-même, j’ai connu des choses comme ça, j’ai balancé des claques, des insultes. Je sais qu’on peut dire non à Gérard », a ajouté l’actrice, qui a embrassé son « ami de toujours » en quittant la salle d’audience.

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AFP - DIMITAR DILKOFF

L’actrice a déclamé un long message d’amitié au prévenu. « Je suis ici comme amie de Gérard, je le connais depuis tout le temps donc je peux parler pour lui devant cette cour », a-t-elle lancé. « Ce que je veux dire c’est que le monde a changé, la société a changé, les repères ne sont plus les mêmes, il y a des choses qu’on tolérait et qui ne sont plus tolérables », a fait valoir Fanny Ardant.

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