Éric Dupond-Moretti sur la condamnation de Marine Le Pen : « Laissons les hurleurs hurler »

Ministre de la Justice, ténor du barreau… Et homme de théâtre ! Éric Dupond-Moretti va fouler les planches belges pour son seul-en-scène « J’ai dit oui ! » : le 19 mai au Cirque royal à Bruxelles, le 20 mai au Forum de Liège. Pour ce deuxième spectacle, le Français de 63 ans, compagnon d’Isabelle Boulay depuis 2016, revient sur son expérience déboussolante en tant que ministre. Nous y reviendrons longuement dans le prochain numéro du « Soir mag », qui sera disponible en kiosques le 9 avril, puisque nous avons pu interviewer Éric Dupond-Moretti sur ses années place Vendôme, son rapport à la politique, l’époque actuelle dans laquelle il ne se sent pas forcément confortable, la suite de sa carrière et ses liens forts avec la Belgique, bien sûr !
Mais l’actualité brûlante, elle, n’attend pas… Ce lundi 31 mars, Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans de prison dont deux ferme – aménageables avec un bracelet électronique – et cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, ce qui compromet grandement sa candidature à la présidentielle 2027, même si elle a d’ores et déjà annoncé qu’elle faisait appel de cette décision de justice. L’ex-présidente du Rassemblement national a été reconnue coupable de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national.
Il était évidemment impensable d’interviewer Éric Dupond-Moretti sans mentionner cette décision de justice et le séisme qu’elle provoque chez nos voisins français. Il faut dire que les procès, il les connaît par cœur. D’abord parce qu’il a représenté un nombre incalculable de clients en tant qu’avocat, lui qui est surnommé « Acquittator » par les médias. Ensuite parce qu’il a été mis en examen pour prises illégales d’intérêts dans le cadre de ses fonctions de ministre, avant d’être relaxé en 2023 par la Cour de justice de la République. Alors nul doute que l’ex-membre du gouvernement Macron, garde des Sceaux pendant quatre ans deux mois et quinze jours à partir de 2020, a été très attentif lors du prononcé de la peine à l’encontre de Marine Le Pen. Notre question s’est glissée à la toute fin de l’entretien. À peu de chose près, l’intéressé a botté en touche…
Il nous est impossible de ne pas vous poser une question sur la décision de justice qui est tombée hier, prononcée contre Marine Le Pen. Quel regard portez-vous sur cette décision ?
Je m’exprimerai dans un petit moment sur ce sujet…
Qu’est-ce que cela implique ?
Si je m’exprime, c’est en ma qualité de simple citoyen, conjuguée à celle d’ancien garde des Sceaux et d’adversaire du Rassemblement national. Je souhaite que ma voix soit entendue, et dans le tumulte actuel, je pense que ça n’est pas le bon moment. C’est un peu trop tôt. On va laisser certains hurleurs hurler. Et puis, le moment venu, je dirai ce que j’ai à dire sur cette affaire.
Mais vous n’en pensez pas moins…
Voilà !
Ajoutons en outre que dans son spectacle, Éric Dupond-Moretti raconte le traitement judiciaire qu’il a lui-même subi et qu’il considère comme injuste et anormal, lié à son statut. « En réalité, cette perquisition – vous l’avez compris – n’a qu’un seul objet : m’humilier. C’est la poursuite de ce procès en illégitimité qu’ils m’ont intenté, ils veulent que je démissionne ! », dit-il notamment sur scène, en citant là les magistrats qui voulaient sa peau politique. Sans oublier d’égratigner la presse française qui a fait les gros titres lors de sa mise en examen, et fait beaucoup moins gros lorsqu’il a été question de sa relaxe définitive.
La suite de notre entretien avec l’ex-ministre français de la Justice dans le « Soir mag » et sur soirmag.be dès le 9 avril.





