Philippe Katerine dévoile les coulisses de sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO

Le chanteur Philippe Katerine était l’un des invités surprise de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, sous la direction artistique de Thomas Jolly, comme le rappelle La Voix du Nord. Au milieu d’une longue séquence de danse, une énorme cloche s’est soulevée, révélant le chanteur peint en bleu, quasiment nu, à peine habillé d’une couronne de fleurs, au milieu d’une assiette de fruits. L’artiste, évoquant ainsi la figure de Dionysos, a interprété son titre intitulé « Nu ».
La prestation a réjoui de nombreux téléspectateurs et fait grincer les dents des conservateurs. Alors qu’elle était pour l’artiste un élan de paix (« Nu, on ne peut pas porter d’arme », dit la chanson). C’est toute la séquence qui a fait l’objet de vives polémiques, certains y voyant quelque chose de blasphématoire, notamment avec la présence de drag-queens et d’une mise en scène qui a pu faire penser à la Cène.
Interrogé par les lecteurs de la Voix du Nord ce lundi 28 avril, Philippe Katerine est revenu sur cet épisode. Pour lui, la performance était très « innocente » : « C’est une chanson naïve, avec quelque chose de plutôt enfantin. Je ne cherchais pas du tout la polémique. Ce n’est pas du tout mon truc. »
Toutefois, il dit ne pas « juger » ni « critiquer » les personnes qui ont pu trouver la séquence « vulgaire ». « Personne n’a la même définition de la vulgarité, personne n’a le même regard que son voisin ou sa voisine. Ceux qui ont trouvé ça vulgaire, on ne peut pas être dans leur tête, on ne sait pas le parcours qu’ils ont eu pour arriver à cet avis à ce moment-là » a-t-il estimé, avec beaucoup de recul.
Philippe Katerine a également raconté la genèse de cette prestation olympique. Tout a commencé par une « cassette de motivation » envoyée au directeur artistique des cérémonies, Thomas Jolly, a expliqué le chanteur qui par ailleurs connaît bien le directeur musical de Paris 2024, Victor Le Masne.
« Je voulais chanter « Nu », en étant tout nu. Enfin, habillé de lumière ! » explique Philippe Katerine. « Vraiment une nudité avec un public nu et un groupe tout nu aussi qui jouerait, avec des cordes et tout ça. Ce que j’ai fait après pour le clip. (Pour les JO NDLR.), j’ai vite vu que le nu total n’était pas possible. Et puis, ils ont eu une idée avec cette cloche. J’ai dit « pourquoi pas ? ». J’attendais un peu leur proposition. Il y avait la corbeille avec les fruits mais ils voulaient un voile un peu à la romaine. Je ne le sentais pas du tout. C’était quasiment la veille de la cérémonie. J’ai dit : « non, je vais être tout nu. C’est ça, l’idée. Qu’on montre que je n’ai pas d’armes ». Alors que les Romains, ils cachaient des glaives sous leurs toges. Et puis, on m’a dit que ça ne serait pas mal que je sois en bleu. J’ai tout de suite adoré l’idée. Ça me plaisait beaucoup d’être ni noir, ni blanc, ni rouge… Et après, on a défini quel bleu, ça devait être la veille ou l’avant-veille. Ça s’est fait de façon très simple. Comme à une fête de fin d’année au collège, quoi. Un peu improvisé. C’est ça qui était très agréable. Je participais à un événement d’une certaine dimension mais avec un côté presque de troupe amateur. Et j’ai adoré ce contraste. »
Le chanteur révèle aussi avoir beaucoup aimé ce qu’il a pu voir ou entendre le reste de la soirée. « Je trouvais ça assez hallucinant ce que je voyais : Gojira ou Aya Nakamura avec la Garde républicaine, ça m’a donné des frissons. Je me suis dit, « attends, c’est ça qu’on montre de la France ? ». Mais on montre un paradis en fait ! J’étais galvanisé de participer à ça. »
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