Brouilleurs, diète et élection expéditive : quelques anecdotes sur les conclaves

Les cardinaux vont se retrouver le mercredi 7 mai pour le début du conclave. Ils devront élire le nouveau pape qui succédera à François. L’événement est très important pour les catholiques du monde entier. Le rituel existe depuis plus de 750 ans et se déroule derrière des portes closes pour limiter les possibles ingérences politiques.
De telles conditions nourrissent le mystère et on ne compte plus les films qui ont été réalisés sur le sujet. Le dernier en date, « Conclave », d’Edward Berger, a d’ailleurs connu un engouement tout particulier puis qu’il raconte l’histoire d’une nouvelle élection justement. Il est donc temps de se replonger dans les anecdotes de ces rencontres historiques.
Pas toujours dans la chapelle Sixtine
L’instauration du conclave dans un lieu fermé date de 1274 mais c’est seulement en 1848 que la chapelle Sixtine, au cœur du Vatican, est devenue le haut lieu de ce rassemblement. Ils ne sortent pas de l’enceinte du Vatican durant le conclave et entre chaque séance, ils se retrouvent pour prier et déjeuner.
« C’est un secret absolu. Ils doivent faire le serment de ne pas parler, de ne rien divulguer. Donc, il y a des brouillages via les cages de Faraday pour éviter les micros. On respecte ce rite dans son déroulement, on respecte ce protocole. On s’isole. Alors évidemment, ils ne sont pas enfermés jusqu’à la fumée blanche, ils sortent déjeuner à la résidence Saint-Marc. On vient les chercher en bus, on les raccompagne. Quant aux sessions de scrutin, c’est deux par demi-journée, puis on brûle les bulletins », explique Constance Colonna-Cesara, spécialiste du Vatican à France Culture.
Des conclaves éprouvants
Tous les conclaves ne se sont pas passés de cette façon et au XIIIe siècle, ces élections étaient beaucoup plus rudes auparavant, notamment pour celui qui a duré entre 1268 et 1271, le plus long de l’histoire. Le conclave a duré presque trois ans et s’est déroulé à Viterbe, près de Rome. Les cardinaux n’arrivaient pas à s’accorder. Le seigneur a finalement forcé les 18 cardinaux à se mettre d’accord en les enfermant dans une salle du palais épiscopal de Viterbe. Ce dernier a également fait murer la salle.
Le pape Grégoire X, élu à l’issue de ce conclave, a ensuite instauré une nouvelle règle à partir de 1274. Les cardinaux doivent trouver un accord rapidement. Si les votes durent plus de trois jours, ils seront alors rationnés à un repas pour les cinq jours suivants. Au bout de huit jours, ils n’ont alors droit qu’à du pain, de l’eau et du vin.
Le conclave le plus rapide
Au fil du temps, les conclaves sont devenus de plus en plus rapides mais le plus expéditif à ce jour reste encore le conclave qui a mené à l’élection de Pie XII en 1939. Le pape a été élu en moins de 24 heures à l’issue de trois votes. Les conclaves aujourd’hui durent entre trois à cinq jours. Celui de François a duré deux jours, de même que celui de Benoît XVI.
Dans une autre mesure de rapidité, le plus court intermède entre deux conclaves est d’une vingtaine de jours. En septembre 1590, Urbain VII est élu pape mais meurt 12 jours plus tard après avoir contracté la malaria. Les cardinaux se sont donc retrouvés le 8 octobre. C’est donc le pape au plus court règne mais l’histoire papale veut que ce ne soit pas le seul souverain pontife à avoir connu un (très) court règne.
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