Une Française se réveille avec un accent anglais après une opération (vidéo)

En juin 2014, Laëtitia, une habitante de la Sarthe (France), se fait opérer des amygdales. Seulement, lorsqu’elle se réveille, après cette opération bénigne, elle découvre qu’elle parle avec un accent anglais. Depuis, cet accent ne l’a plus jamais quittée, comme elle l’a raconté au Petit Courrier, cité par La Voix du Nord.
« Je me suis fait opérer des amygdales. Ça fera 11 ans au mois de juin. Quand je me suis réveillée, je parlais avec un accent, cet accent qu’on qualifie d’anglais », détaille-t-elle dans une vidéo diffusée par le média.
À son réveil, Laëtitia s’attend à parler « de façon nasillarde », comme ses trois enfants, opérés de la même « opération bénigne » avant elle par le même chirurgien. Seulement, elle parle avec un accent anglais. « J’ai vu le chirurgien sur place après l’opération. Il n’a pas mentionné de problème spécifique, donc je ne me suis pas inquiétée », confie-t-elle au média local.
Les semaines et les mois passent, et la mère de famille ne retrouve jamais sa voix normale. Le chirurgien lui recommande d’être patiente. Elle attend donc, et retourne consulter trois mois après son opération : « Je lui ai dit ‘Je pense que j’ai été assez patiente, je n’ai toujours pas retrouvé ma voix’. Il y a eu un blanc, il ne comprenait pas et m’a demandé : ‘Elle a quoi votre voix ?’ J’ai insisté en disant que je voulais retrouver ma voix d’avant l’opération. Il m’a dit : ‘Vous n’êtes pas anglo-saxonne ?’ Je lui ai dit ‘Non, pas du tout.’», témoigne-t-elle auprès du Petit Courrier.
Le chirurgien, visiblement dérouté, lui répond qu’à l’auscultation tout est normal : « Je ne sais pas quoi vous dire, vous êtes un mystère pour la science », assure-t-il. Laëtitia quitte son rendez-vous sans avoir plus de réponses. Après des semaines, elle décide de consulter un spécialiste ORL : « Il ne m’a pas cru, m’a dit que j’étais folle, et j’ai quitté l’hôpital en pleurs », raconte encore la Sarthoise.
Finalement, alors que le chirurgien qui l’a opérée part en retraite peu de temps après son dernier rendez-vous avec elle, Laëtitia effectue des démarches pour récupérer son dossier médical : « Des recherches ont été faites pour connaître l’origine de ce qui m’est arrivé. Il semblerait que quelque chose se soit produit durant l’anesthésie : une zone moins bien irriguée au niveau du cerveau. Généralement, ce syndrome apparaît suite à un accident, un AVC, ou une opération, comme moi », développe-t-elle.
Les années passent, et aucun spécialiste ne peut l’aider. Laëtitia conserve son accent britannique. Mais, elle l’assure : elle ne parle pas anglais pour autant : « J’ai des bases, ce qu’on apprend à l’école, mais sans plus ». Et de raconter à nos confrères : « Apparemment, on hérite de l’accent d’une langue déjà apprise. J’ai fait anglais et espagnol à l’école. Donc ça aurait pu être espagnol. Après, pourquoi cet accent… Je n’en sais rien. Je sais aussi qu’il existe le syndrome de la langue étrangère où l’on se réveille en parlant une autre langue. Là, je me dis que je l’ai échappé belle ! »
Désormais, celle qui « a toujours [sa] voix d’avant dans [sa] tête » vit « plutôt bien » sa particularité « parce que les gens ont un regard bienveillant par rapport à ce qui m’est arrivé ou pour ceux qui ne savent pas, ils ont une réaction plutôt positive. Ils trouvent que je parle très bien le français et ça se passe plutôt bien », s’amuse-t-elle.
Bien qu’il s’agisse d’une affectation médicale rare, plus de 100 cas de syndrome de l’accent étranger ont été recensés dans la littérature médicale dans le monde, indiquent l’Université de Dallas, au Texas, et la Clinique de Cleveland, toutes deux basées aux États-Unis. Parmi les cas documentés dans le monde, on trouve des changements d’accent du japonais au coréen ; de l’anglais britannique au français ; de l’anglais américain à l’anglais britannique ou encore de l’espagnol au hongrois, rapporte l’Université du Texas.
La Cleveland Clinic explique que « bien qu’une personne avec le syndrome de l’accent étranger puisse avoir l’air de parler avec un accent différent, c’est généralement un changement dans la façon dont la personne prononce certains sons ». Selon elle, le syndrome de l’accent étranger s’explique notamment par des « dommages causés au lobe frontal », comme, par exemple, des AVC, des traumatismes crâniens, des anévrismes, un cancer du cerveau, la sclérose en plaques ou encore la démence fronto temporale.
Laëtitia, elle, n’a jamais réussi à joindre quelqu’un qui était atteint du même syndrome qu’elle. « J’aimerais vraiment rencontrer une personne qui vit ce que je vis », confie-t-elle au Petit Courrier, avant de lancer « une bouteille à la mer », espérant que la médiatisation de son cas pourra lui permettre de trouver quelqu’un qui est atteint, comme elle, pour qu’ils « puissent en discuter… ».
Retrouvez plus d’actualités sur www.soirmag.be et sur Facebook.








