Un tsunami au Japon le 5 juillet ? La prédiction d’un manga inquiète les touristes et locaux

En 1999, Ryo Tatsuki publiait son dernier manga, « Mes visions du futur ». Dans celui-ci, elle prédit que « le plancher océanique entre le Japon et les Philippines » va se fracturer et qu’un tsunami « trois fois plus haut que celui du grand séisme de l’est du Japon de mars 2011 » va frapper le sud-ouest du Japon.
Plutôt que de le considérer comme une simple histoire sensationnaliste, de nombreux Japonais la prennent très au sérieux. Parce que Ryo Tatsuki ne définit pas son oeuvre comme un manga traditionnel, mais plutôt comme une retranscription de ses rêves les plus étranges. Depuis 1985, elle consigne dans un journal intime ses rêves, visions et images qu’elle perçoit comme annonciatrices. Elle les a pris comme base pour écrire ses récits. Dans les différents volumes parus, l’autrice est donc la protagoniste.
Après la publication de «Mes visions du futur», elle a décidé d’arrêter d’écrire et a disparu un long moment de la scène publique. Ses histoires étaient à l’origine peu populaires au Japon, mais à partir des années 2010, elles ont commencé à susciter l’intérêt. Sur la couverture de l’un des volumes, dans un coin d’article d’un journal, il est inscrit : « Grande catastrophe en mars 2011 ». Très vite, beaucoup ont fait le lien entre ce titre et le séisme de Tōhoku, survenu le 11 mars, qui a provoqué l’accident nucléaire de Fukushima.
Une communauté s’est alors formée autour de l’autrice et s’est mise à croire ses prédictions. Ryo Tatsuki est finalement sortie de son silence pour apporter des précisions sur ses rêves. Elle affirme, entre autres, avoir rêvé de la mort de Freddie Mercury ou encore avoir vu à plusieurs reprises le mont Fuji entrer en éruption. Selon elle, ces visions symboliseraient une crise mondiale ou la pandémie que nous avons vécue en 2020.
Concernant la mention de la catastrophe en 2011, la mangaka a réfuté les théories, affirmant qu’il s’agissait en réalité d’une prédiction pour une catastrophe future, prévue selon elle pour le 5 juillet 2025. Elle dit avoir rêvé qu’elle volait au-dessus de l’océan lorsque soudain les fonds marins ont explosé, provoquant un tsunami trois fois plus important que celui de 2011. Cette vision a eu un tel retentissement qu’un film inspiré de celle-ci a été réalisé.
Depuis, les Japonais et les touristes sont inquiets. Pourtant, aucune preuve scientifique indique que cela pourrait se produire. Ryoichi Nomura, directeur de l’Agence nationale japonaise de météorologie, n’y croit absolument pas et ne comprend pas qu’une partie de la population puisse écouter l’autrice. Il qualifie ces prédictions de « pures balivernes » au micro de la matinale de RTS.
Il admet toutefois qu’il est difficile de nier totalement la possibilité qu’un tsunami ait lieu. « Au Japon, un séisme peut se produire en tout lieu et à tout moment. Par conséquent, il est nécessaire de vérifier que l’on y est préparé », soulève-t-il. Ainsi, comme tous les autres jours de l’année, les personnes présentes au Japon doivent se montrer vigilantes et se préparer à la moindre éventualité, sans pour autant penser que cela va arriver ce samedi.
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