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La France va prêter la célèbre tapisserie de Bayeux au British Museum en échange d’un trésor archéologique

Les deux pays vont s’échanger des trésors culturels temporairement. Cette annonce a été faite alors que le président français est au Royaume-Uni pour une visite d’État de trois jours.
Par l’AFP
Temps de lecture: 1 min

Le British Museum, qui va exposer temporairement la tapisserie de Bayeux, va prêter en échange à la France des pièces médiévales issues du trésor de Sutton Hoo, considéré comme l’une des plus grandes découvertes archéologiques au Royaume-Uni.

Des figurines de jeux d’échecs datant du 12e siècle retrouvées sur l’île écossaise de Lewis font aussi partie de l’échange, de même qu’un bouclier du 1er siècle avant JC.

Qu’a-t-on découvert à Sutton Hoo ?

À l’issue de fouilles en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, des archéologues ont découvert dans le sud-est de l’Angleterre un cimetière anglo-saxon comprenant l’empreinte d’un bateau-tombe de 27 m de long avec une chambre funéraire renfermant des trésors datant des VIe et VIIe siècles.

La découverte de ce site funéraire a inspiré le film « The Dig », en 2021, avec Carey Mulligan et Ralph Fiennes.

Les objets mis au jour sur ce site de l’Est-Anglie incluent des ornements vestimentaires en métal, or et pierres précieuses, un bouclier, une épée ainsi qu’une assiette en argent provenant de l’Empire romain d’Orient.

Le plus emblématique est un casque orné de figures guerrières. Abîmé par la corrosion et réduit en plus d’une centaine de fragments à la suite de l’effondrement de la chambre funéraire qui l’abritait, il a fait l’objet d’une reconstruction de la part des experts du British Museum.

Qui était enterré dans le navire ?

Selon les experts, il s’agit probablement de Raedwald, roi d’Est Anglie au VIIe siècle, de la dynastie des Wuffingas. Les détails sur sa vie sont rares, car les documents ont probablement été détruits lors des invasions vikings du IXe siècle en Angleterre.

Qui a découvert et fouillé le site ?

L’archéologue amateur Basil Brown avait été embauché par la propriétaire des lieux Edith Pretty, désireuse de savoir ce qu’abritaient les tumuli sur sa propriété du Suffolk.

D’autres experts ont pris le relais quand l’ampleur de la découverte a été révélée. D’autres sépultures ont été découvertes dans les années 1960 et 1980.

Edith Perry a donné les trouvailles au British Museum en 1939 et elles sont conservées dans la salle 41, dans la galerie Sir Paul et Lady Ruddock. Comme d’autres trésors du musée, les objets ont été mis à l’abri pendant les bombardements du Blitz dans le métro londonien.

Quelle est l’importance du site ?

Cette découverte a été essentielle pour retracer l’histoire du royaume anglo-saxon de l’Est-Anglie. Elle a permis d’obtenir des informations précieuses sur une période peu documentée de l’histoire anglaise et sur les pratiques funéraires.

Elle a changé l’image associée aux Anglo-Saxons, en révélant leur culture et leur raffinement.

Les Angles et les Saxons étaient des tribus germaniques qui se sont installées dans le sud-est de l’Angleterre après le départ des Romains au Ve siècle.

Qu’est-ce que l’échiquier de Lewis ?

Ces figurines de jeux d’échecs, faites en ivoire de morse au 12e siècle, ont été retrouvées sur l’île écossaise de Lewis. Le trésor contenait au total 93 pièces, de quatre jeux différents.

Elles pourraient avoir appartenu à un commerçant qui voyageait de Norvège vers l’Irlande pour les vendre et s’est arrêté à Lewis, selon le British Museum.

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Elles font partie des premiers objets de l’Europe médiévale à avoir rejoint les collections du musée londonien, en 1831. Onze figurines ont été acquises par le Musée national d’Écosse à Edimbourg.

Qu’est-ce que le Bouclier de Battersea ?

Le président français Emmanuel Macron a également mentionné le prêt de ce bouclier en bronze datant d’entre 350 et 50 av. J.-C., découvert dans la Tamise près du pont de Battersea à Londres en 1857.

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Il ne s’agit pas d’un bouclier complet, mais d’une partie en métal qui recouvrait un bouclier en bois, selon le British Museum. Orné de motifs, il ne présente pas de signes de dégâts dus à des combats, mais le musée précise que cela ne signifie pas qu’il n’a pas été utilisé durant des conflits.

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