Accueil Actu Soirmag

Une mannequin générée par l’IA reprise dans le magazine Vogue crée la polémique

Vogue a repris des photos d’une mannequin entièrement générée par l’IA. Pour beaucoup, ça ne passe pas.
Par La rédaction
Temps de lecture: 2 min

Dans l’édition d’août du magazine Vogue, une série de photos attire l’attention : une mannequin blonde aux yeux bleus pose pour la marque Guess. Rien d’inhabituel à première vue, jusqu’à ce qu’on réalise… que cette femme n’existe tout simplement pas.

Les éditeurs du magazine ne se sont pourtant pas laissés berner. Ils savaient que la mannequin avait été générée par l’IA. Les lecteurs s’en sont d’ailleurs rendu compte en lisant une discrète mention verticale, qui indique qu’elle a entièrement été créée par l’intelligence artificielle. Derrière cette création, on retrouve l’entreprise Seraphinne Vallora, spécialisée dans la création de mannequins via l’IA.

Ce choix éditorial a rapidement déclenché une vague de réactions critiques. Beaucoup y voient une menace pour l’avenir des mannequins humains et dénoncent une dérive technologique au sein de l’industrie de la mode. « L’utilisation de l’IA par Vogue c’est la pire chose qui pouvait arriver à cette industrie, la nouvelle génération veut réguler ce domaine empoisonné, mais les ultra-riches intoxiquent davantage la mode. C’est la mort de l’humanité, l’impact sur l’image de la femme, l’écologie et j’en passe », avance une utilisatrice de X (anciennement Twitter).

Une autre : « Les mannequins n’ont pas survécu à des troubles alimentaires pour être remplacés par l’IA ». Ou encore : « Pourquoi l’intelligence artificielle a-t-elle été si normalisée ? Ça détruit l’environnement ».

Les fondatrices de Seraphinne Vallora assument pleinement leur démarche. Elles se disent fières de leur modèle et ne comprennent pas l’ampleur de la polémique. Elles expliquent que la création de ce type de mannequin peut prendre un mois entier, et que son prix s’élève à « des sommes basses à six chiffres » selon le client.

Sur Instagram, elles avancent que ce ne sont pas juste des « prompts », mais que c’est le résultat du travail de « toute une équipe créative : ingénieurs, créateurs, photographes, stylistes, développeurs et MANNEQUINS ».

Elles précisent qu’elles comprennent la peur que peuvent avoir certains, mais qu’en réalité, « c’est comme n’importe quel autre outil dans l’industrie du design ». Pour elles, innover veut dire qu’il faut se préparer à être incompris.

Mais une autre critique revient fréquemment : loin d’innover, ces mannequins numériques semblent au contraire renforcer les standards esthétiques dominants. Sur le compte Instagram de l’entreprise, on ne voit ni mannequins grande taille ni véritable diversité. La plupart sont blanches, très minces, avec des lèvres gonflées et une forte poitrine. Quelques modèles latinas à la peau mate apparaissent, mais elles restent peu nombreuses.

Jusqu’à présent, Vogue n’a pas réagi à la polémique.

Retrouvez plus d’actualités sur www.soirmag.be et sur Facebook.

L'actu en vidéo

 
Sur le même sujet

Aussi en Société

Voir plus d'articles

À la Une