Décès de Giorgio Armani: huit choses à savoir sur le créateur

1. Né à Piacenza
Né le 11 juillet 1934 dans une famille modeste d’Émilie-Romagne, dans une Italie encore marquée par le fascisme, Giorgio Armani grandit dans l’ombre de la guerre. Enfant, il survit aux bombardements et à un accident qui le laisse gravement brûlé. De ces années austères, il gardera une conviction : l’élégance doit être simple et jamais ostentatoire.
2. Il aurait pu être médecin
Jeune homme réservé, il commence des études de médecine avant d’y renoncer. Après son service militaire, il entre comme étalagiste à La Rinascente, grand magasin milanais. Très vite, son œil pour les tissus et sa rigueur s’imposent.
3. Son tandem avec Sergio Galeotti
Sa carrière prend un tournant dans les années 1960 avec Nino Cerruti, qui l’embauche pour dessiner des collections. Mais c’est sa rencontre avec Sergio Galeotti, partenaire professionnel et intime, qui change tout. Ensemble, ils fondent en 1975 la maison Giorgio Armani, dans trois modestes pièces de la via Corso Venezia.
4. Il révolutionne le costume
Armani déconstruit le vestiaire masculin : vestes souples, costumes fluides, épaules allégées. L’homme se libère, la femme aussi, grâce à ses tailleurs sobres et puissants. Il impose le prêt-à-porter italien comme un rival crédible de la haute couture parisienne. Hollywood s’en empare : Richard Gere dans « American Gigolo » ou Michelle Pfeiffer dans « Scarface » incarnent son style.
5. Il crée son empire
Emporio Armani, Armani Privé, Armani Casa… L’empire s’étend sans jamais passer sous le contrôle des grands groupes du luxe. Fidèle à son indépendance, Armani construit une multinationale de la mode, toujours pilotée depuis Milan. Son succès contribue à faire de la ville la capitale mondiale du prêt-à-porter.
6. Un homme réservé
Réservé, presque austère, il fuit les mondanités. « L’élégance, disait-il, c’est ne pas se faire remarquer mais se faire se souvenir. » Méfiant envers le clinquant, il prône la justesse des lignes et la liberté du corps. Pour lui, l’élégance est une forme d’intelligence et non une accumulation de signes extérieurs. Ses amis le décrivent comme élégant « jusque dans l’âme ». Sophia Loren confiait : « Avec Giorgio, je me sentais libre et souveraine ». Isabella Rossellini parlait d’« un silence presque religieux dans ses salons », où « chaque geste du couturier ressemblait à une caresse donnée au tissu ».
7. La dernière fois
En 2010, il accepte de signer la robe de Charlène, future princesse de Monaco. Il imagine une silhouette colonne en satin duchesse de soie ivoire, avec un décolleté croisé dévoilant les épaules : un choix audacieux mais parfaitement adapté à son allure athlétique. Là où la magie opère, c’est dans la traîne de cinq mètres, qui se scinde en deux, à « l’andrienne », référence aux racines provençales de la principauté. Brodée de 40.000 cristaux Swarovski, 20.000 larmes en nacre et 30.000 pierres, au total, la création nécessitera plus de 700 heures de broderie. Et 2.500 heures de travail.
8. Un héritage intemporel
Les historiens de la mode le décrivent comme le dernier des grands maîtres italiens classiques. Ses créations ont donné à l’Italie un langage vestimentaire universel : costumes qui flottent comme une promesse de liberté, robes qui murmurent au lieu de crier.









