Abdication du grand-duc Henri de Luxembourg : tout ce qu’il faut savoir

Le Luxembourg, petite monarchie qui compte parmi les pays fondateurs de l’Union européenne, célèbre ce vendredi 3 octobre l’avènement d’un nouveau souverain, le grand-duc Guillaume, un quadragénaire, succédant à son père Henri qui souhaitait passer la main après un règne d’un quart de siècle.
L’événement ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de cet État de quelque 670.000 habitants, connu pour être une place forte de la finance, qui va se retrouver pendant quelques heures au centre de l’attention de ses grands voisins.
Sont notamment attendus, parmi les invités d’un dîner de gala vendredi soir, le président français Emmanuel Macron et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier. Le roi Philippe, la reine Mathilde et leur fille, la princesse Elisabeth, seront également présents.
En présence d’une dizaine de dirigeants étrangers, dont les couples royaux belge et néerlandais, la journée débutera par la cérémonie d’abdication de Henri, à 10h au palais grand-ducal, à Luxembourg-Ville.
Elle sera suivie une heure plus tard de la prestation de serment, à la Chambre des députés, de celui qui est son héritier en tant que fils aîné.
Le nouveau couple grand-ducal – Guillaume et son épouse Stéphanie – doit ensuite aller à la rencontre de la population sur une place du quartier historique de la capitale.
« Approche plus latine »
Guillaume, 43 ans, sera le septième souverain de la dynastie Nassau-Weilbourg, qui règne sur le Luxembourg depuis 1890 et partage des origines communes avec la monarchie néerlandaise.
Même s’il incarnera une nouvelle génération à la tête de l’État, il ne devrait pas chambouler la pratique du pouvoir, dans une démocratie parlementaire réputée stable où le monarque assume surtout des fonctions de représentation en plus de promulguer les lois.
Au Luxembourg, « le grand-duc incarne l’indépendance et la stabilité de l’État », déclare le Premier ministre Luc Frieden, interrogé par l’AFP.
Quant à Guillaume, « il a trente ans de moins que son père, a été éduqué à l’école luxembourgeoise contrairement à ce dernier qui avait des cours privés, donc ça sera un nouveau style », prédit-il… Avant de nuancer : « Un style plus ouvert peut-être, mais dans la continuité du père et du grand-père. »
Guillaume est l’aîné des cinq enfants du couple formé par Henri de Nassau et Maria Teresa Mestre, née à La Havane et dont le père, un homme d’affaires cubain, a fui son pays avec sa famille en 1959.
« Avec une mère cubaine on peut imaginer qu’il aura une approche plus latine, peut-être un peu plus chaleureuse », fait valoir l’historien belge Patrick Weber.
« Mais je n’attends pas vraiment un vent de modernité fulgurant », ajoute cet expert des monarchies du Benelux.
« Lever le pied »
Guillaume est marié depuis 2012 à la comtesse Stéphanie de Lannoy, issue d’une famille de la noblesse belge francophone et connue pour être une passionnée d’art et de littérature, maîtrisant le français, le luxembourgeois, l’allemand et l’anglais.
Le couple a eu deux garçons, Charles, 5 ans aujourd’hui, et François, 3 ans.
Le grand-duc Henri avait lancé le processus de transition en 2024, se disant alors désireux, à l’approche de ses 70 ans, de « lever le pied » et de retrouver « une certaine liberté ». Il était monté sur le trône en octobre 2000 à la suite de son père Jean.
L’héritier Guillaume affiche un parcours international, puisqu’après sa scolarité au grand-duché, il a étudié en Suisse puis à l’académie royale militaire de Sandhurst (Grande-Bretagne).
Il a ensuite passé une double licence en lettres et sciences politiques à l’université d’Angers en France.
Des festivités dans tout le pays sont prévues jusqu’à dimanche pour marquer le « Trounwiessel » (« Changement au trône » en luxembourgeois).
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