Une émission diffusée sur France 2 crée la polémique : « Du voyeurisme »

France Télévisions a placé cette semaine du 6 au 12 octobre sous le signe de la santé mentale, à l’occasion de Journée mondiale de la santé mentale qui se déroule ce 10 octobre. À cette occasion, le service public a proposé l’émission « Rendez-vous chez le psy », diffusée toute la semaine à 15 heures, sur France 2. Mais cette émission a été vivement critiquée.
« Rendez-vous chez le psy » se compose de 5 épisodes de 30 minutes chacun, diffusés sur France 2. Le principe ? « Filmer de vraies séances entre patients et psychologues sans filtre ni mise en scène, dans une démarche authentique. » Mais l’émission a provoqué un véritable tollé au sein de la profession.
« Le Mouvement des Psychologues Cliniciens et Psychologues Psychothérapeutes exprime sa ferme opposition au projet annoncé par France Télévisions », déclare l’association M3P dans un communiqué datant du 3 octobre dernier.
D’après l’association, le programme serait contraire à l’éthique des psychologues et psychothérapeutes. « Une telle initiative constitue une atteinte directe à l’éthique de notre profession et viole plusieurs principes fondamentaux du Code de déontologie des psychologues », expliquent-ils. Parmi ces principes, le « respect de la dignité », le « respect du secret professionnel », et surtout l’« exigence d’un consentement libre et éclairé, incompatible avec la vulnérabilité propre à la situation thérapeutique et la pression d’une mise en scène télévisuelle », peut-on lire.
Ils pointent également du doigt l’aspect « télé-réalité » du programme. « Sous couvert de déstigmatisation, ce projet réduit la complexité du soin psychique à un produit de divertissement. (…) Le recours à un format immersif, marqué par l’usage de caméras 360° censées se faire oublier, reprend sciemment les codes des télé-réalités d’enfermement : il met en scène une illusion d’intimité qui, sous couvert de transparence, nourrit un voyeurisme propre aux dispositifs de mise en spectacle », ont-ils fustigé. Pour cette raison, ces derniers ont appelé « les psychologues, les patients et les citoyens et nos adhérents à exercer leur droit de vigilance et à saisir l’ARCOM ».
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