L’émission « Je vous dérange » de Christophe Deborsu consacrée aux sans-emploi visée par une enquête

Vendredi dernier, RTL-TVI diffusait « Sans boulot : tous fraudeurs ? », un nouveau numéro de l’émission de Christophe Deborsu « Je vous dérange ».
Si l’émission a réalisé de très bonnes audiences en rassemblant 413.558 téléspectateurs, elle est maintenant visée par une enquête du CSA, selon la DH.
Dans ce reportage, Christophe Deborsu partait à la rencontre de chômeurs. Pour ce faire, il s’est rendu à Verviers. Il a ainsi notamment interrogé Jacqueline, qui est sur la mutuelle depuis qu’elle a glissé sur une crotte de chien il y a huit ans. Ou encore Laetitia, une mère de famille qui touche près de 2.700 euros par mois sans travailler grâce au CPAS et aux allocations familiales.
Des témoignages qui ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Nombreux sont en effet les internautes qui estiment que le programme met « tout le monde dans le même sac ». « C’est un peu frustrant quand on met en avant seulement des cas extrêmes qui donnent une image biaisée. La réalité des personnes qui galèrent vraiment, qui ont des handicaps ou qui font tout pour s’en sortir, elle est moins médiatisée ! », peut-on lire sur Facebook, comme le relaie la DH.
Des personnes interrogées dans l’émission ont également exprimé leur colère, rapportent nos confrères. « Je souhaite exprimer mon indignation et mon profond désaccord avec la manière dont mes propos ont été présentés dans le reportage diffusé sur RTL-TVI. L’interview que j’ai accordée a duré plus d’une heure. Elle visait à expliquer la complexité des situations vécues par les bénéficiaires de l’aide sociale. Seules quelques phrases ont été isolées et sorties de leur contexte, donnant une image fausse et inacceptable de mon message », a ainsi écrit sur Facebook Gaëlle Denys, la présidente du CPAS de Verviers.
Elle ajoute déplorer : « l’instrumentalisation de la misère sociale à des fins sensationnalistes visant à flatter les instincts populistes et à promouvoir une lecture simpliste de la pauvreté, criminalisant les pauvres comme responsables éternels de leur situation ».
Si Christophe Deborsu avait réagi aux critiques sur Facebook dès le lendemain, le CSA a révélé dans un communiqué, ce mercredi 12 novembre, avoir reçu une centaine de plaintes depuis la diffusion du programme. Des plaintes visant « tant des infractions au décret SMA-SPV que des dispositions du Code de déontologie journalistique » et qui « dénoncent notamment la violation de l’équilibre et de la neutralité, l’atteinte à la dignité humaine et l’incitation à la discrimination des personnes en raison de leur condition et origine sociale », rapportent nos confrères.
Une enquête a donc été ouverte par le Conseil supérieur de l’audiovisuel.
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