François Pirette présente son nouveau concept diffusé ce dimanche : « Je m’en souviendrai toute ma vie »

Ce dimanche 30 novembre, RTL tvi diffuse un spectacle inédit de François Pirette, « Noir Joke Rouge ». Mais cette fois, il n’est pas seul sur scène. Il a sélectionné quinze Belges lambdas qui ne connaissent pas les planches pour jouer avec lui. Au total, environ 300 personnes avaient candidaté pour tenter l’expérience, l’humoriste en a choisi quinze pour trois soirs de spectacle. Les téléspectateurs pourront désormais en découvrir le résultat à 20h55.
Nous avons discuté avec François Pirette de cette aventure toute particulière, autant pour ces comédiens d’un soir que pour lui.
Vous vous êtes lancé dans ce projet parce que vous ne vouliez plus être seul sur scène ?
J’ai souvent eu l’occasion de partager la scène avec d’autres et je sais d’expérience que je ne m’amuse jamais autant que dans ces circonstances-là . Certes c’est très gratifiant d’être seule en scène et d’avoir des standing ovations. Mais pour avoir parfois salué à plusieurs à la fin d’un spectacle, je sais que je savoure davantage. J’ai toujours envié les musiciens et les chanteurs parce qu’ils sont avec des camarades sur scène, ils font de la musique avec d’autres, ils partagent. J’ai énormément de passion collective, et c’est vrai que quand on est tout seul, on prend tout pour soi, on ne partage par le salaire non plus mais après le spectacle, le soir, on est seul. Heureusement qu’il y a parfois une bonne âme pour se joindre à ma table. (rires)
Comment s’est déroulé la sélection des candidats ?
Lors de leur inscription en ligne, je leur ai demandé de se raconter. Puis quand on sait un peu qui ils sont, au fil de l’expérience, c’est d’autant plus émouvant de voir qu’ils se sont dépassés, qu’ils ont fait des choses incroyables. On a eu que deux jours pour répéter. Je leur ai envoyé le texte le mardi et on répétait le jeudi. J’écris toujours au dernier moment et il fallait que ce soit bien dactylographié parce que j’écris toujours à la main. C’est un moyen, pour moi, de mieux intégrer le texte.
Quelles qualités recherchiez-vous chez les candidats que vous avez sélectionnés ?
Vous n’allez peut-être pas me croire mais je n’avais pas vraiment d’a priori, je ne cherchais rien de précis. Enfin si, sans doute une certaine candeur, une humilité, une timidité, une sincérité naturelle, une fragilité. Et de toute façon, ces qualités sont induites parce qu’ils n’ont jamais fait ça de leur vie. Moi je le fais depuis 40 ans et je sais qu’au début, on n’en mène pas large. Et tous ces gens qui sont venus, ils sont généreux. Ils ont eu la générosité de me faire confiance et de monter avec moi sur scène. Ils se mettent plus en danger que moi parce qu’eux, si ça ne se passe pas bien, ils prennent le risque d’être ridicule auprès de leurs voisins, leurs beaux-frères, leurs belles-sœurs, leurs collègues de bureau, leurs enfants, leurs parents, etc. On n’imagine pas mais c’est une vraie démarche. Ils m’ont fait le cadeau de leur confiance, ce n’est pas une formule, j’en suis convaincu et j’en suis vraiment très reconnaissant. Au fur et à mesure de l’avancement du projet, c’est d’autant plus émouvant de voir qu’ils se sont dépassés, qu’ils ont fait des choses incroyables. On a eu que deux jours pour répéter. Je leur ai envoyé le texte le mardi et on répétait le jeudi. J’écris toujours au dernier moment et il fallait que ce soit bien dactylographié parce que j’écris à la main pour mieux intégrer le texte.
Comment avez-vous attribué les rôles ?
Je voulais que les rôles soient en conforme aux personnalités de chacun. J’ai donc sélectionné des personnes en fonction des besoins des emplois ou des profils s’imposaient par les situations et les textes que j’étais en train d’écrire. Mais certaines personnes m’ont aussi inspiré des situations.
C’est une expérience inoubliable pour ces quinze personnes.
Je ne vais pas parler pour eux mais je me souviendrai toute ma vie de la première standing ovation qui est survenue lors du tableau final, quand la lumière s’est éteinte sur le dernier sketch. Le public s’est levé d’un seul homme, c’était impressionnant. Il faut se mettre à la place du public qui est venu à ces trois représentations : ils pensaient qu’ils allaient juste me voir. Ils n’étaient pas au courant du concept. La communication autour de ce projet n’avait pas encore commencé. Comme on a tourné dans une salle de mon village, j’en avais déjà parlé à certaines personnes. Mais même ma mère ne comprenait pas trop ! (rires) Au début du spectacle, je préviens le public et je leur dis : « Autour de moi, il va y avoir des gens comme vous et moi. Enfin, surtout comme vous. » En fait, ils sont venus se voir eux-mêmes et généralement, on ne va pas à un spectacle pour se regarder dans la glace.
Et vous, quel est votre rĂ´le dans ce spectacle?
J’ai conservé trois moments dans le spectacle où je joue mes personnages parce que le public est venu pour me voir. En dehors de ça, je ne joue pas mes personnages habituels. Je ne voulais pas mélanger des personnages tels que je les joue, ce ne sont jamais que des évocations de théâtre. Je ne voulais pas tout à coup faire rentrer des personnages beaucoup plus naturalistes dans des situations de sketch, au sens anglais de la chose. Ici on a plutôt joué des situations de théâtre plus naturelles avec un quatrième mur, comme on dit. D’habitude je communique avec le public et il m’arrive de réagir à ce qui se dit mais ici, on a joué comme si on ne voyait pas le public.
Vous réalisez le montage du spectacle par vous-même. Vous êtes vraiment au four et au moulin dans votre art.
Ce n’est pas une question de confiance et je n’ai pas la prétention de croire qu’il n’y a que moi et qui peut faire ça bien. Le montage, pour moi, ça reste toujours la phase finale de l’écriture. Et comme je suis seul auteur, c’est la mise au propre de ce que j’ai écrit. Et un monteur télé va monter en fonction de l’image qu’il voit, ce qui est logique. C’est ce qu’il a appris, c’est son travail. Il est guidé par son oeil alors que je me laisse guider par mes oreilles. Je monte le spectacle comme en radio, comme si c’était un podcast. Je viens de la radio, moi, donc je fais abstraction de l’image. Je veux raconter une histoire. Je peux parfois aller chercher le début de la phrase dite le jeudi, le milieu de la phrase, le vendredi, et la fin est le samedi. C’est un numéro d’escroc finalement. (rires)
François Pirette est actuellement en tournée dans toute la Belgique avec son spectacle «Pro-fête en son pays» jusqu’au 11 janvier.
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