Pourquoi « Concorde » ?
Avant même d’être un avion, le Concorde est un mot. Un mot soigneusement choisi, longuement discuté, presque diplomatique. Car dans les années 1960, baptiser ce futur avion supersonique ne relève pas seulement du marketing, mais de la politique internationale. À l’origine du projet, la France et la Grande-Bretagne s’engagent dans une coopération industrielle inédite, scellée par un traité signé en 1962. Deux pays longtemps rivaux décident alors de parler d’une seule voix. Le nom « Concorde » s’impose comme une évidence symbolique. En français comme en anglais, il signifie l’harmonie, l’entente, l’accord. Il incarne cette volonté rare de collaboration pacifique dans un monde encore marqué par la guerre froide. Un détail frappe d’ailleurs les puristes : les Français écrivent « Concorde », les Britanniques « Concord », sans « e » final. Un compromis est trouvé, là encore, dans un esprit de concorde… avec un « e » accepté par Londres, fait rarissime.





