Le comédien Arnaud Denis porte plainte suite à des complications liées aux implants anti-hernies

Le comédien et metteur en scène français Arnaud Denis, qui a alerté sur des complications graves liées aux implants anti-hernies a porté plainte contre X pour blessures involontaires devant le Parquet de Paris, a annoncé mercredi son avocat.
« Une plainte pénale pour blessures involontaires a été déposée le 5 janvier 2026 entre les mains du Procureur de la République du Pôle de Santé publique de Paris à la suite de graves complications médicales survenues après une intervention chirurgicale réalisée le 17 juillet 2023 », selon un communiqué de Me Philippe Courtois.
Après une opération d’une hernie de l’aine droite, au cours de laquelle une prothèse en polypropylène lui a été implantée, l’état général d’Arnaud Denis s’est dégradé « avec de multiples souffrances anormales », entraînant le retrait de l’implant aux États-Unis en avril 2024, aucun spécialiste en France n’ayant été en mesure d’intervenir, selon la plainte dont l’AFP a obtenu copie.
Malgré le retrait de l’implant, « ses troubles persistent et s’aggravent », l’ayant contraint à « abandonner son métier de comédien » et le laissant désormais « dans un état d’invalidité sévère », précise l’avocat.
Entre 2023 et 2025, Arnaud Denis, âgé de 42 ans, a subi de nombreux examens médicaux et hospitalisations mais « sa souffrance devenue difficilement supportable » l’a conduit à « envisager de se rendre en Belgique afin d’y solliciter une procédure d’euthanasie », selon la plainte.
« Pas anodin »
Le collectif qu’il a créé « Victimes françaises des prothèses de hernies », rassemble sur les réseaux sociaux des centaines de témoignages de personnes qui partagent leur désarroi face aux effets indésirables liés aux implants contre des hernies à l’aine ou l’abdomen.
« Avant de me faire opérer le 27 novembre 2023, à 54 ans, j’étais valide. Ce filet, il est catastrophique. Maintenant je suis une loque, ma vie est détruite », témoigne à l’AFP Fabrice Py, ancien chef de cabine pour une compagnie aérienne. « Il faut arrêter de dire que c’est anodin », déclare une autre patiente concernée, Fannie Rivet-Haroun, contactée par l’AFP.
Entre le 1er janvier 2025 et fin mai 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a reçu 75 signalements.
Lors d’une réunion tenue en juin avec les représentants des patients et des praticiens, l’agence sanitaire a constaté l’émergence d’un « besoin d’information renforcée » et encouragé la déclaration des effets indésirables. Elle a dans la foulée mise en place « plusieurs actions pour assurer la sécurité des patients » notamment un suivi renforcé de la matériovigilance, une étude épidémiologique et une campagne d’inspections auprès des fabricants et distributeurs de ces dispositifs médicaux en France.
Des réponses sont attendues « pour le courant du premier semestre ou début du second semestre 2026 », a-t-elle indiqué.
« Prothèses incontournables »
« On va envoyer des gens sur Mars. Et on n’est toujours pas capable d’informer les personnes quand il y a un risque sanitaire », parce qu’il n’existe « pas de système unique centralisé », a déploré Yann Mazens, conseiller produits et technologies de la santé chez France Assos Santé, porte-voix des associations de patients.
Selon lui, « il y a quand même des problématiques récurrentes sur les implants. Les implants mammaires, les implants pelviens et maintenant ceux-ci », en polypropylène ou polyester. « On demande une autorisation de mise sur le marché véritable pour les dispositifs les plus à risque » et non pas un seul marquage CE « qui n’apporte quand même pas les mêmes garanties », a-t-il ajouté.
« Il y a plus de 150.000 prothèses posées par an pour des hernies. Moins de 5.000 qui sont encore opérées par une simple couture » des muscles, qui fut le traitement de référence jusque dans les années 1980, indique à l’AFP Hubert Johanet, chirurgien viscéral et président de l’Académie nationale de chirurgie. « Ces prothèses sont incontournables » et ce sont « des matériaux qui doivent être recertifiés périodiquement. C’est vraiment très contrôlé », assure-t-il.
Interrogé par l’AFP la semaine dernière, le syndicat professionnel de la filière du dispositif médical (Snitem) a dit prendre le sujet « très au sérieux », faisant valoir qu’« à ce stade il n’y a pas de mise en évidence de difficultés particulières liées aux produits mais bien de la prise en charge en général » du patient, « de l’information qui peut lui être donnée ».
Retrouvez plus d’actualités sur www.soirmag.be et sur Facebook.






