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Les confidences d’Orphée, rescapée des attentats de Bruxelles : « Je ne veux pas cultiver le malheur, mais je me sens abandonnée »

Grièvement blessée, Orphée a vu sa vie exploser en ce funeste matin des attentats de Bruxelles. Elle poursuit sa lente reconstruction. Article réservé aux abonnés S'abonner
Journaliste Temps de lecture: 6 min

Comment va-t-elle dix ans après ce jour maudit ? On frémit de lui poser la question tant le parcours d’Orphée est jonché d’épreuves. Nous l’avions interrogée peu de temps après le 22 mars 2016. Nous la retrouvons aujourd’hui, à 43 ans, l’espoir dans la voix mélangé à la douleur. Orphée a connu le pire, on peut même dire l’apocalypse.

Au mauvais endroit au mauvais moment

« Nous vivions à Schaerbeek. J’avais une voiture, mais ce matin-là, j’ai demandé à mon mari de me conduire au métro après avoir déposé notre fils à l’école. Station Mérode. Je suis montée dix minutes avant l’explosion. » Dix ans plus tard, elle conserve toujours son ticket, comme une preuve dérisoire de sa plongée en enfer. « La première voiture était pleine. J’ai pris la deuxième, debout, au fond, côté rails. À un moment, j’ai entendu une dame dire qu’un attentat venait de se produire à Zaventem. Ce mot pour moi ne signifiait pas grand-chose ; il m’était presque étranger. Juste après, un souffle a tout emporté. »

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