Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : «Magic Bus»

Quatrième album américain des Who, « Magic Bus : The Who on Tour » est sorti aux États-Unis en septembre 1968 et n’a jamais été commercialisé au Royaume-Uni ou ailleurs. Le titre, trompeur, laisse entendre que les chansons ont été enregistrées en live… C’est faux ! Tous les morceaux de cet album sont en réalité des enregistrements studio.
Des morceaux choisis aléatoirement…
Les membres du groupe, Pete Townshend en particulier, ont souvent exprimé leur aversion pour cette compilation. Decca était réputée pour être l’une des maisons de disques les plus myopes. « Si vous avez aimé les Who, vous apprécierez certainement Len Barry » (Barry, gentil chanteur américain), pouvait-on lire dans une note. Rien à voir ! Quelle méconnaissance totale de ce qu’étaient les Who. Decca s’est également illustrée par le manque d’attention dont elle a fait preuve à l’égard des Who, comme lorsqu’elle a oublié d’envoyer des exemplaires de certains singles du groupe au « Billboard » et à « Cashbox » pour qu’ils soient chroniqués ! Mais les Who ont heureusement réussi par eux-mêmes. Et Decca, craignant de perdre l’une de ses poules aux œufs d’or, a sorti l’album qui nous occupe dans l’espoir de maintenir Pete Townshend et les Who sous les feux de la rampe pendant qu’ils travaillaient sur leur opéra, qui allait devenir le chef-d’œuvre « Tommy ». On se retrouve donc ici face à une compilation aléatoire de morceaux : certains superbes comme « Magic Bus », « Pictures of Lily » et « Disguises », d’autres simplement bons comme « Bucket-T », d’autres mauvais – les morceaux du bassiste John Entwistle sur ce LP n’arrivent pas à la cheville des titres de Townshend – et, pour couronner le tout, trois reprises d’albums précédents. Je ne sais pas pourquoi Decca n’a pas choisi de sortir les enregistrements live réalisés au Winterland et au Fillmore East, mais rien ne justifie le méli-mélo indigeste que constitue cet album « The Who On Tour/Magic Bus ».
« Greatest Non-Hits » plutôt !
À noter également qu’à l’époque, les Who considéraient Mick Jagger et Keith Richards comme les boucs émissaires du problème de la drogue : en signe de protestation contre les peines brutales qui leur avaient été infligées (de la prison ferme), les Who ont publié une série de morceaux de Jagger-Richards afin de maintenir leur travail sous les projecteurs, jusqu’à ce que ceux-ci soient à nouveau libres d’enregistrer eux-mêmes. Avec leurs versions percutantes, rageuses et fracassantes de « The Last Time » et « Under My Thumb », qui montraient certains des passages de guitare les plus saisissants que Townshend ait jamais enregistrés. Ils y mettaient tout leur cœur, toute leur énergie et ça se sent.
Bref, « Magic Bus » nous emmène donc sur les traces de Ken Keasy et sa bande des « Merry Pranksters » qui vont sillonner les USA dans un bus dès 1964 pour promouvoir l’usage des drogues psychédéliques afin de montrer leur opposition au système établi. Cet album, heureusement sauvé par « Magic Bus » (à écouter dans sa version de Live at Leeds en 1970), est en réalité le seul album des Who que l’on aurait pu appeler « Greatest Non-Hits ».









