Accueil Actu Télé

Programme télé de ce lundi 13 avril : notre sélection

Ce soir à la télé, le film « Un flic » ainsi que le documentaire « Delon-Melville ». Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

Le « film de trop » pour introduire un super docu évoquant la rencontre du plus grand acteur et du plus grand auteur de toute l’histoire du cinéma français : qu’on adore ou qu’on déteste feu Alain Delon, il suffit de revoir « Le samouraï » et « Le Cercle rouge » pour s’en convaincre ! Le charisme du natif de Sceaux n’avait pas de limite. Delon était-il le « Steve McQueen de France » ou bien McQueen, « l’Alain Delon américain » ? Si comparaison était raison, la maxime inversée n’aurait pas de paradigme plus explicite. À l’époque où l’acteur n’avait pas encore gagné son aura décelée par le René Clément du « Plein Soleil » puis le « Rocco et ses frères » de l’immense Luchino Visconti, le Melville qui n’était pas encore celui des « Léon Morin, prêtre », « Le Doulos » et « L’aîné des Ferchaux » tous trois tournés avec… Jean-Paul Belmondo ! Avant tout ça, Melville avait déjà promis à Delon qu’il « penserait un jour à lui ». Et il est vrai que le « beau gosse » a failli hériter du rôle de Lino Ventura dans « L’armée des ombres ». Indisponibilité de l’acteur, occasion manquée. Tout se passe finalement lorsque les deux hommes se parlent enfin au moment de préparer le tournage du fameux « Samouraï ». C’est Delon qui reçoit. Il prend le texte que lui tend son auteur, et s’enferme dans sa chambre « sans péter mot ». Melville s’interroge durant des heures. Delon ressort sans autre commentaire que « ce Samouraï, c’est moi, et ce film, je le fais. » Melville est soulagé, voire rayonnant, ce qui est rare pour ce cinéaste qui prend sans aucun doute un malin plaisir à cultiver son propre mystère…

uri

Tous deux sont convaincus d’une collaboration n’ayant rien de fortuit. Et tout ça est analysé dans le docu réalisé par Laurent Galinon en 2023, soit avant la mort du pensionnaire de Douchy survenue un an plus tard en août. Un dernier clap qui se passe plus d’un demi-siècle après celui de Melville. Une fin tragique dont Philippe Labro fut le témoin direct. « Jean-Pierre et moi avions l’habitude de nous charrier, à la table d’un resto où on se rencontrait au moins une fois par semaine. À la suite d’une vanne, je le vois en train de faire la grimace, et j’ai vite compris qu’il était foudroyé ! Je n’ai pas pu l’annoncer en direct à son neveu Rémy Grumbach qui a dû le deviner. » Il ajoute que, prévenu sur le tournage d’un film à Nice, Delon a sauté dans sa voiture et s’est présenté au domicile du défunt où il s’est effondré, passant le reste de la nuit sur l’escalier menant à l’étage. Les deux hommes s’étaient brouillés sur le tournage d’« Un flic », le fameux « film de trop » imparfait à revoir pour analyse en complément d’un docu incroyablement… vivant, à la hauteur du mythe.

« Un flic » & « Delon-Melville », 21h00 & 22h35, Arte.

L'actu en vidéo

 

Aussi en Télé

Voir plus d'articles

À la Une