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Gérémy Crédeville : « Mon père s’est trompé en déclarant mon prénom »

Gérémy Crédeville est en tournée avec son spectacle « Enchanteur » : il sera le 12 septembre 2026 à Wavre, le 10 janvier 2027 à Liège et le 4 avril 2027 à Bruxelles.
Entretien -
Par Jacques Pessis, correspondant à Paris
Temps de lecture: 6 min

Humoriste, imitateur, improvisateur, comédien, chanteur ou danseur… Gérémy Crédeville est un peu tout cela à la fois. Dans son nouveau one-man-show, il enchaîne sketchs et chansons. Et en pleine tournée, il a accepté de répondre à nos questions.

Vous portez un prénom rare, voire unique…

Je le dois à un instant de distraction de mon père… Couché tard pour des raisons professionnelles, réveillé en pleine nuit pour accompagner ma future mère à l’hôpital, on lui annonce, juste après ma naissance, qu’il a deux heures pour effectuer la déclaration traditionnelle à la mairie. Il s’y rend en courant et épelle, devant l’officier ministériel, le prénom choisi : Jérémy. Il lance « G » au lieu de « J ». On lui demande de répéter. Totalement dans le brouillard, il confirme, sans se rendre compte de la faute d’orthographe qu’il vient de commettre.

Vous grandissez dans le Nord et envisagez votre avenir professionnel dans l’univers du sport, n’est-ce pas ?

Au collège, le professeur de gymnastique a remarqué ma vitesse de pointe. Il me propose d’intégrer l’équipe de rugby, qu’il vient de créer. Je débute à 16 ans, à Armentières – la ville natale de Line Renaud – au Lille Métropole Rugby Club, aujourd’hui disparu. Je vais être successivement ailier, trois-quarts centre et troisième ligne. En parallèle, je commence à préparer une licence pour devenir coach dans l’univers de l’éducation physique.

Vous pratiquez déjà l’humour, mais en amateur…

Dans le bus qui nous conduit sur les terrains, je tue le temps en m’emparant d’un micro pour imiter d’autres joueurs ou l’entraîneur. Je fais alors cela pour mon plaisir, sans imaginer en faire un métier.

Le déclic se produit à l’occasion d’un dîner de mariage !

Des amis m’ont choisi comme témoin et, après le gâteau, je me lance dans une improvisation totale. J’imagine les dix pires discours que l’on peut prononcer en ce genre de circonstances. La mariée me félicite et me parle d’un stage d’improvisation qu’elle s’apprête à suivre. Je décide de m’y inscrire par curiosité. Je me retrouve plongé dans un univers où je me sens comme un poisson dans l’eau.

L’animateur juge que vous êtes doué. Il vous inscrit, à votre insu, à un concours de jeunes humoristes, à Lille…

Je le remporte et décide de tenter ma chance. Je m’inspire de l’humour britannique absurde dont je suis friand pour créer un personnage de bellâtre. Dans mon premier spectacle, « Tournée générale », je décide d’offrir un verre à tout le public si je ne parviens pas à créer une mini-histoire avec des mots qu’on m’a lancés. Heureusement, je m’en suis presque toujours sorti !

Des passages dans « Vendredi tout est permis » sur TF1 vont vous permettre de commencer à jouer devant des salles combles. Il y a aussi, en 2021, « Danse avec les stars ». Un tournant ?

Quand on me propose d’y participer, je n’hésite pas un instant à donner mon feu vert. Relever ce défi en me retrouvant à des milliers de kilomètres de ma zone de confort, cela me convient : je vais réaliser un grand écart, et pas seulement sur la piste. Je m’entraîne chaque jour pendant neuf heures, avec un problème récurrent : je n’ai aucune mémoire corporelle. Je vais parvenir aux portes de la finale, ce que je considère comme une vraie performance.

Vous vous êtes aussi très bien débrouillé, en 2024, dans « Mask Singer »…

Faire du rap sur une chanson du groupe IAM déguisé en épouvantail n’était pas simple, mais je me suis beaucoup amusé. Et finir deuxième de la compétition a été une autre bonne surprise.

Vous avez été repéré par des producteurs de cinéma et vous avez débuté sur les écrans dans « Joyeuse retraite », une comédie devenue un succès…

On m’a confié le rôle de Martin Blanchot, le fils homosexuel de Thierry Lhermitte et Michèle Laroque. Cela s’est tellement bien passé que j’ai été stupéfait de découvrir, un matin, dans un journal, qu’une suite s’apprêtait à être tournée (sans lui, ndlr). J’avoue avoir mal vécu cette situation, même si les producteurs m’ont ensuite présenté leurs excuses, en mettant cela sur le compte d’une impossibilité de développer le personnage dans ce second volet.

Votre nouveau seul-en-scène « Enchanteur » affiche actuellement complet dans de grandes salles. Qu’en dites-vous ?

J’ai décidé de concrétiser un rêve : proposer un spectacle mêlant les sketches et les chansons. Le titre est, bien entendu, un jeu de mots lié à une constatation qui m’a toujours surpris : pourquoi dit-on « enchanté » à quelqu’un dont on ne sait rien, puisque l’on vient à peine de faire sa connaissance ?

Vous répondez aussi à une question que l’on vous pose régulièrement…

C’est vrai que l’on me demande souvent à quelle catégorie j’appartiens. Suis-je humoriste, imitateur, improvisateur, chanteur ou danseur ? À travers une dizaine de sketches, je développe le thème de la liberté, pour un artiste, de ne pas se limiter à une discipline.

Vous en profitez pour montrer l’étendue de la puissance de votre voix, en rendant hommage à Johnny Hallyday.

La première fois que j’ai chanté Johnny, c’était dans « N’oubliez pas les paroles ». J’ai interprété « Je te promets » en tentant de m’inspirer de ces inflexions et de sa gestuelle.

Ça s’est tellement bien passé que des amis ont estimé que vous seriez l’interprète idéal d’un biopic qui lui serait consacré…

Il y en avait deux en préparation. J’ai caressé l’espoir d’une audition, afin de tenter ma chance, mais il ne s’est jamais concrétisé. Personne ne m’a jamais téléphoné ou écrit. C’est vrai que je le regrette.

Vous avez compensé ce manque en apparaissant ponctuellement dans des téléfilms, parmi lesquels « Tous inconnus », où vous jouez votre propre rôle.

Les producteurs m’ont appelé quatre jours seulement avant le tournage. J’ai imaginé que s’ils me contactaient, c’est parce que tout le monde avait refusé. Ils m’ont assuré du contraire, ce qui m’a rassuré : j’imaginais mal avoir raté le casting de moi-même !

Le sportif que vous demeurez s’est transformé en boxeur, le temps d’un spot publicitaire aussi, n’est-ce pas ?

J’ai participé à une pub pour Boursorama Banque, où, à l’écran, je suis sur un ring face à Mike Tyson. Je me suis ainsi retrouvé en Ukraine, face à un sosie du champion ! Le vrai, je ne l’ai, hélas !, jamais rencontré. Il a tourné à Las Vegas et ses plans ont été intégrés au mien pendant le montage. J’aurais dû affronter ses poings. Je dois me contenter de cette mise au point.

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Prod.

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