Le chasseur d’autographes
Avant de multiplier chroniques, spectacles et livres, Alex Vizorek a longtemps empilé des autographes. Adolescent, il développe une passion méthodique pour les signatures de célébrités plus ou moins décaties. Il attend à la sortie des théâtres et des hôtels, carnet à la main : de Michel Galabru à Michou, de Jane Birkin à Patachou… Mais aussi des politiques, des écrivains, des sportifs ou des astronautes. Quatre à cinq cents signatures finiront dans un classeur caché aujourd’hui sous son lit parisien : « J’ai aussi David Bowie, ça c’est classe… »
Derrière la collection affleure une interrogation plus intime : « J’étais fasciné par la célébrité. Je ne comprenais pas encore que c’est un dommage collatéral du métier d’artiste. Je crois que je voulais être connu aussi. » Puis la vie s’élargit, sa collection s’arrête : « Je grandis, je m’abonne au Sporting d’Anderlecht, je découvre les femmes… » Ses proches sourient de son goût assumé pour les cougars, ces femmes plus mûres – son ami l’humoriste Philippe Caverivière le surnomme « le Casanova des Ehpad », « le marteau-piqueur à retraitées », « le Louis la Brocante de ces dames ». Dandy Vizorek assume. Son autre passion persistante ? Les fléchettes, qu’il commente pour RTL-TVI : « Je suis capable de bloquer un week-end entier de spectacle pour une compétition de darts. » Lorsqu’il repasse par Bruxelles, il lui arrive de viser la cible dans un bar du quartier universitaire. Un environnement parfumé à la bière séchée, heureusement sans conséquence pour lui : anosmique depuis l’enfance, Alex Vizorek ne sent pas les odeurs.





