Les mains dans le cambouis
Le procureur du Roi continue, en parallèle de ses obligations managériales, de mener des enquêtes, d’assurer des gardes et de participer à des audiences. « Il n’était pas question pour moi de rompre avec ce qui me passionne depuis mes débuts, à 24 ans. » Une manière aussi de soutenir les équipes d’un parquet sous tension et de décharger certains magistrats de dossiers lourds. Sa motivation reste intacte : l’investigation et les victimes. « Mettre en œuvre les techniques prévues par la loi pour découvrir la vérité me passionne. Mais mon credo, ce sont les victimes. J’essaie qu’elles obtiennent une réponse rapide et qu’un procès puisse être organisé si elles le souhaitent. » L’arbitraire et l’injustice le révoltent, et qu’importe s’il donne l’image d’un « redresseur de torts ».
Derrière cette apparente dureté, des dossiers l’ont « profondément touché », comme le meurtre de cet étudiant singapourien poignardé dans le centre de Bruxelles en novembre 2024 : « Je le traiterai moi-même à la cour d’assises. » Dans son bureau, les victimes s’assoient à notre place : les parents de la crèche de l’ULB où des faits de mœurs ont été mis au jour ou la maman du petit Fabian tué à trottinette. « Leur souffrance me donne la force de me battre pour eux, elle me rend infatigable. Je cherche juste à faire le bien. »





