1 Belge sur 3 en stress financier permanent

Un sondage commandité dernièrement donne des résultats qui interpellent : deux Belges sur trois ont des problèmes d’argent, avec même un sur trois qui vit dans un stress financier permanent. Selon les données récoltées ce printemps pour le « Baromètre de la sérénité financière » de l’assureur NN (auprès de 1.405 participants), 6 Belges sur 10 (59 %) ont un niveau de sérénité financière insuffisant, et un tiers (31 %) vit même dans un stress financier permanent. Cette situation ne s’est pas aggravée par rapport aux mêmes enquêtes menées récemment, malgré le contexte macroéconomique actuel. Mais le risque est élevé de voir la situation se détériorer. Colin Sanders, expert chez NN, commente : « Il est possible que l’impact de la guerre en Iran ne soit pas encore pleinement ressenti, comme ce fut le cas au printemps 2022. Lors de la première enquête réalisée peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’impact sur la tranquillité d’esprit financière était limité, mais les inquiétudes ont augmenté en septembre. Si le conflit perdure, et surtout si le détroit d’Ormuz reste bloqué pendant une longue période, les conséquences économiques sur les prix de l’énergie ou les billets d’avion, par exemple, pourraient devenir de plus en plus visibles, et donc accroître les inquiétudes financières. »
Salaire médian : 4.000 euros brut
Le sondage de NN montre aussi que la « génération sandwich », les 35-49 ans, est davantage sous pression, déclarant un niveau de sérénité financière sous la moyenne nationale. Analyse de NN : « Cette génération fait face à une combinaison de pressions : crédit immobilier, enfants encore dépendants, carrière exigeante et, parfois, prise en charge de parents âgés. » Autre catégorie plus exposée : les personnes sans emploi ou les femmes seules. « À l’inverse, les retraités affichent un niveau de sérénité financière plus élevé que la moyenne, souvent grâce au remboursement du prêt immobilier déjà effectué, à des revenus de pension plus prévisibles et un moins grand nombre d’obligations financières importantes », relève NN.
Pour Colin Sanders, « les chiffres montrent que la pression financière sur les Belges reste forte. La succession de crises de ces dernières années n’a pas facilité la situation des ménages : après la crise du coronavirus, la guerre en Ukraine a entraîné une hausse des prix de l’énergie et des produits de consommation, et les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz viennent aujourd’hui s’y ajouter. Cette accumulation rapide de chocs rend difficile pour les Belges de se rétablir financièrement avant qu’une nouvelle crise ne survienne. Les années 2020 pourraient ainsi entrer dans l’histoire comme une décennie financièrement difficile pour de nombreux ménages. »
La sérénité financière n’est pas forcément liée aux revenus. Quelqu’un avec un gros salaire peut avoir des dépenses exorbitantes et vivre dans un stress plus fort qu’un petit salaire qui gère mieux ses coûts. Mais c’est sûr qu’un bon revenu aide. Pour info, le salaire brut médian en 2025 était de 4.000 euros par mois (estimation Jobat). Cela signifie que la moitié des salariés belges gagnent moins de 4.000 euros, tandis que l’autre moitié gagne davantage.









