Programme télé de ce mercredi 13 mai : notre sélection

Dans une petite ville paisible de Californie, Richard et Justin, deux étudiants, commettent un meurtre avec préméditation, trouvant dans cet abominable acte une sorte d’exutoire à leur ennui. En fait, ils ont mis à exécution leur thèse selon laquelle le crime parfait n’est pas irréalisable. Ils estiment qu’il suffit tout simplement de procéder avec ordre et méthode afin de n’éveiller aucun soupçon. Ils vont tomber sur un os dès que l’enquête est confiée à Cassie, laquelle va exploiter avec son coéquipier novice Sam les maigres indices disponibles. Les deux meurtriers ont beau avoir des alibis en béton et l’appui d’un parent fortuné, Cassie décide de ne pas les lâcher d’une semelle en attendant qu’ils commettent l’erreur fatale… Sandra Bullock n’incarne pas un Columbo en jupons mais plutôt une adepte de la police scientifique très à la page dans cet habile thriller qu’elle a elle-même produit. Lassée de son propre aveu d’être trop souvent mêlée à des projets manquant d’originalité, l’expressive brunette d’Arlington est passée de l’autre côté de la barrière voici de longues années déjà, avec des fortunes diverses et des films très différents. À titre d’exemple, le tournage de ce « Calculs meurtriers » suivait chronologiquement celui de « Miss Congeniality », amusante comédie policière où elle abandonnait sa tenue de fliquesse au profit de la robe fendue d’une prétendante à un célébrissime concours de beauté. Rien de tout ça ici. La Sandra nous la joue non sexy, dans un registre non dénué d’humour circonstancié.
La réussite du film repose autant sur un bon script de Tony Gayton – alors révélé par l’écriture de « Salton Sea », autre thriller de valeur réalisé par D.J. Caruso – que sur la mise en scène de Barbet Schroeder qui n’en était pas à son coup d’essai en matière de polar. Producteur d’ouvrages signés Rivette, Eustache, Wenders ou Fassbinder, l’homme avait pris à son tour la caméra pour réaliser, en 1974, son fameux documentaire sur Idi Amin Dada, le dictateur fou d’Ouganda. Et si « Barfly » ne connut qu’un succès d’estime, « Le mystère von Bülow » de 1990 marqua les esprits et l’encouragea à persévérer dans le domaine du suspense avec « JF partagerait appartement » et ce « Calculs meurtriers » bénéficiant d’une ambiance originale – composante indispensable du genre – et d’un casting assez chanceux avec les jeunes Ryan Gosling et Michael Pitt formant la paire meurtrière aux esprits sanguinaires. Au générique figurait également Chris Penn, le frère cadet de Sean, excellent spécialiste des seconds rôles, emporté par une crise cardiaque à l’âge de 40 ans à peine. C’était il y a 20 ans déjà…
« Calculs meurtriers » 20h05, Tipik, trois étoiles.








