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Non, ce n’est pas vraiment le meilleur film de Pedro Almodóvar, mais il reste sans doute celui qui a fait sa célébrité auprès du grand public et… en France surtout, grâce essentiellement à son titre et à sa BO. « Talons aiguilles » (« Tacones lejanos ») y sort en salles le 15 janvier 1991 avec autorisation « tout public » en dépit de son titre et de son affiche sulfureuse d’inspiration clairement sadomaso, sur base d’une relation (pour le moins) houleuse entre une chanteuse célèbre en Espagne et sa fille abandonnée dans son enfance, ayant ensuite épousé… l’ex-amant de sa mère. Un thème intrigant pour une « comédie dramatique » dont la tête de distri est partagée entre la Madrilène Marisa Paredes (disparue fin 2024 à 78 ans) et sa concitoyenne cadette Victoria Abril (66 ans) avec au centre des (d)ébats le Panaméen Miguel Bosé, fils d’un vrai torero espagnol et d’une ex-reine de beauté milanaise devenue égérie des Antonioni, de Santis, Le Chanois, Buñuel, Resnais, Cocteau, Fellini, Bolognini et on en passe. Ce rôle du mâle dominé devait être tenu par Antonio Banderas, forfait en raison d’un second rôle dans les anecdotiques « Mambo Kings » US. Mais venons-en à la fameuse BO de Ryūichi Sakamoto, légendaire tortionnaire de David Bowie dans le « Furyo » d’Oshima, dont il compose aussi la partition, quatre ans avant son Oscar pour « Le dernier empereur » de Bertolucci en 1987, précédant « Black Rain » de Ridley Scott, « La servante écarlate » de Schlöndorff et le film d’Almodóvar. Le Tokyoïte signe une œuvre d’ambiance qu’on peut qualifier d’infernale, à l’exception des deux chansons fictivement exécutées par la mère Parades, car se cache derrière elle la voix de Luz Casal.
La première est la version revue et corrigée par Almodóvar lui-même d’un slow de Nino Ferrer titré « C’est irréparable » en 1963 et devenu hit dans la déclinaison italienne de la Lombarde Mina, et déjà reprise en « Año de amor ». La mouture du film est infiniment plus démonstrative et très… ibère. La seconde « Piensa in mi » est un titre très populaire au Mexique depuis… 1935 dans le répertoire d’Agustin Lara, alias « El musico poeta » de Veracruz. Nouveau tube en Espagne où Casal est connue depuis longtemps, ayant tâté de toutes les disciplines de la voix, y compris le Bel Canto. Native de Galice par un 11 novembre 1958, elle voit ainsi sa carrière internationale décoller grâce aux « Tacones », et depuis, ses concerts attirent un public de connaisseurs, en France surtout. La plupart de ses albums paraissent d’ailleurs en version française.
« Talons aiguilles », 20h55, Arte, trois étoiles.








