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À l’époque où le western transalpin atteint déjà son apogée avec « Le bon, la brute et le truand », plusieurs réalisateurs surfant derrière Sergio Leone se lancent dans une variante qui sera ultérieurement qualifiée de « western Zapata » du patronyme d’Emiliano, l’un des principaux acteurs de la révolution mexicaine de 1910 et de la guerre civile qui s’ensuivit, déjà immortalisé par Marlon Brando dans le « Viva Zapata » d’Elia Kazan en 1953, aux côtés d’Anthony Quinn, son frère Eufemio, sous la plume de John Steinbeck en personne. On considère qu’« El Chuncho », du Triestin Damiano Damiani a mis… le feu aux poudres en 1966, en mettant aux prises le Suédois de naissance colombienne Lou Castel et le Milanais Gianmaria Volonte sur une partition de Luis Enriquez Bacalov, le compositeur du « Django » original de Sergio Corbucci, lequel s’engouffre littéralement dans le créneau avec « El Mercenario » et « Compañeros » joués par les mêmes Franco Nero et Jack Palance, les Américano-iItalien Tony Musante et Cubain Tomás Milián en… Mexicains respectifs. Les BO d’Ennio Morricone sont étroitement liées au succès populaire de ces deux titres auxquels s’ajoute l’ambitieux « Tepepa » de Giulio Petroni avec encore Milián et un certain Orson Welles. On peut dire que le sous-genre s’éteint déjà en 1972 avec le parodique « Mais qu’est-ce que je viens foutre au milieu de cette révolution ? » où Corbucci est parvenu à embarquer le grand Vittorio Gassman en personne !
Un an plus tôt, Sergio Leone est venu y ajouter son grain de sel, avec ce « Il était une fois la révolution » réalisé… à contre-goût. Tout auréolé du triomphe d’« Il était une fois dans l’Ouest », le maestro absolu du western italien envisage de tourner la page et ne veut pas réaliser ce script original de son vieux complice Sergio Donati. En fait, on s’est bagarré sur tout ! D’abord le choix du titre et du réalisateur qui aurait pu être Peter Bogdanovich puis Sam Peckinpah. Face à une double impossibilité, le producteur Leone finit par céder, d’où influence immédiate sur le casting où Clint Eastwood, le jeune Malcolm McDowell, le vieux John Wayne, l’excellent « Truand » Eli Wallach et même le furtif James Bond George Lazenby sont envisagés avant que les rôles du révolutionnaire intello européen et du brigand illettré ne prennent les faciès de James Coburn et Rod Steiger. Ce dernier aurait affronté à maintes reprises son metteur en scène sur le tournage avant de le glorifier au vu du résultat, sommet en matière d’histoire, d’émotion et de lyrisme. Merci Sergio et Ennio. Chom-chom-chom…
« Il était une fois la Révolution », 20h55, Arte.









