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Olivier Schoonejans : « J’ai une relation de confiance avec mes trois enfants »

À l’occasion de la fête des pères, célébrée ce 14 juin, le journaliste Olivier Schoonejans lève un coin du voile sur sa relation avec son fils et ses deux filles.
Entretien - Journaliste Temps de lecture: 7 min

Connu du grand public en sa qualité de journaliste à la tête du RTL Info de 13h, Olivier Schoonejans est, côté coulisses, un papa dévoué, attentif à l’épanouissement de ses trois enfants. Avec son épouse, ils sont les parents d’Aurélien, Cléo et Coraline, âgés de 20, 18 et 16 ans. À l’occasion de la fête des pères, ils ont accepté de prendre la pose sur le plateau du JT. L’occasion également pour le présentateur des infos de nous parler de son rapport à la paternité.

Quel genre de papa êtes-vous ?

C’est plutôt quel genre de papa j’aimerais être ! La famille, c’est vraiment une grande priorité pour mon épouse et moi. On a toujours été très investis dans le fait de partager un maximum de moments ensemble, des moments exceptionnels comme des moments du quotidien. Sinon, je pense avoir développé une relation de confiance très forte avec mes trois enfants. J’aime me dire que je suis un papa sur lequel ils peuvent compter, que ce soit pour faire le taxi, pour traverser un gros souci ou exprimer une peine.

Votre métier est fort demandant. Cela vous a-t-il posé des problèmes ?

Nous avons tout fait au long de ces vingt dernières années pour que j’aie des horaires qui permettent des plages de vie de famille relativement larges. J’ai fait les petits matins pendant plus de dix ans. Je me levais au milieu de la nuit, mais dès lors j’étais là l’après-midi. Parfois dans un sale état tellement j’étais fatigué ! Quand je prends du recul sur cette période, ma femme gérait trois enfants en bas âge, seule, tous les matins, avant d’aller travailler. Je ne mesurais pas vraiment le sacrifice que cela représentait pour elle. C’était une vraie équipe.

Est-ce que vos enfants ont hérité de votre passion pour le métier ?

C’est très variable. Mon fils est passionné d’actualité, il suit les infos, ça l’intéresse vraiment. Ma deuxième fille ne veut pas en entendre parler, ça ne l’intéresse pas du tout. Et ma troisième est un peu entre les deux. Elle est dans sa période d’ado, donc elle s’intéresse à certaines thématiques de société qu’on peut aborder dans l’actualité, ce qui donne matière à discussion, parfois de façon très frontale avec elle.

Justement, l’adolescence, comment avez-vous traversé ça ?

C’est une étape assez particulière parce que quand on est dedans, on ne se rend pas compte qu’on y est. C’est quand ça s’apaise qu’on comprend qu’il y avait une petite crise. Mais j’ai de la chance, aucun de mes enfants n’a pris de drogue, aucun n’a découché. En dehors de quelques désaccords et de portes qui claquent lors de certains accrochages, ils ont bien grandi. Il y a eu des moments plus fragiles que d’autres, mais pas de dérive. Et là, maintenant, on sent que cette période touche à sa fin. Les relations sont tout à fait différentes, on passe à une autre étape.

Qu’est-ce que ça représente pour vous, la fête des pères ?

Pour la fête des mères, on met vraiment un point d’honneur avec les enfants à ce que mon épouse soit célébrée comme il se doit. Mais quand c’est la fête des pères, je leur dis : « Allez, ne vous cassez pas la tête, un moment à cinq, c’est déjà suffisant. » Je n’ai pas beaucoup d’attentes. Cela dit, je sais que les enfants ont envie de faire quelque chose de particulier, de montrer leur attachement. Je n’attends pas grand-chose, mais je sais que dans un coin de leur tête, l’envie est là.

Et qu’est-ce qui vous fait plaisir ? Vous êtes plutôt bouteille de vin, parfum, ou vous êtes un difficile ?

On a souvent cette discussion sur les cadeaux ! Je ne mets sur ma liste que des choses dont j’ai besoin, et ma femme et les enfants me répètent : « Pourrais-tu mettre quelque chose dont tu as envie ? » Ils attendent encore. Je me suis d’ailleurs fait piéger : j’avais préparé une liste en ligne pour la fête des pères, et mon anniversaire tombe une semaine après. Donc ils font parfois des tirs groupés. Et sans même la consulter, ma femme m’a dit : « Si c’est pour me dire que t’as mis un t-shirt de sport, un livre et des godasses, tout est non. » Et évidemment, c’est exactement ce que j’avais inscrit !

Vous souvenez-vous de votre première fête des pères avec votre fils ? C’était un moment particulier ?

Je ne me souviens pas précisément de la première, mais je me souviens bien des petits poèmes qu’ils récitaient quand ils étaient tout petits, un peu zozotants et hésitants. Et des petits cadeaux fabriqués. J’ai toujours gardé un plumier fait par mon fils. Je l’ai encore dans mon casier à RTL, je passe devant tous les jours !

Quelle relation entretenez-vous avec votre propre père ?

Une très bonne relation. Les gens de la génération de mes parents n’exprimaient pas leur amour de la même manière. Nous, on dit « je t’aime » à nos enfants presque tous les jours. Eux, ce n’était pas comme ça. Mais une fois qu’on comprend que ne pas le dire tous les deux jours ne signifie pas ne pas le penser, tout devient plus serein. Avec mon père, nous avons exactement le même humour. Mon père, mon fils et moi, quand on est dans une pièce et qu’une vanne tombe, c’est que les deux autres allaient faire la même ! Et c’est amusant, parfois je passe derrière mes enfants, je leur masse un peu les épaules, je leur donne une petite tape dans le dos. Un jour, mon père a fait exactement la même chose derrière mon fils et mon fils croyait que c’était moi. On a vraiment les mêmes réflexes.

Partagez-vous une passion avec votre père, en dehors de l’humour ?

Le foot ! On supporte les mêmes équipes, on débriefe les matchs, on discute beaucoup de ça.

Quelles sont les activités que vous préférez faire avec vos enfants ? Avez-vous des moments qui vous sont propres ?

Maintenant qu’ils sont ados et plus éparpillés qu’avant, on met un point d’honneur à se retrouver tous ensemble au moins une fois par semaine pour regarder quelque chose à la télé. Cela ne nous demande pas de faire un effort, chacun a envie de ce moment. On fait un apéro, un blind test, puis on regarde un film, une série ou une émission qui nous plaît à tous. La pizza du vendredi avec le blind test, c’est devenu une vraie tradition. Et quand on ne l’a pas, les enfants sont les premiers à demander : « Bon, qu’est-ce qu’on fait ce soir ? »

Quelles valeurs avez-vous voulu leur transmettre ?

La gentillesse, la bienveillance. Ce sont des valeurs qu’on essaie vraiment de leur inculquer. Et aussi la communication, savoir dire ce qui ne va pas, s’exprimer pour avancer. Chaque fois qu’on démêle une situation difficile, on leur dit que c’est parce qu’on a communiqué qu’on y est arrivés. Et aussi que si on veut que les choses bougent, il faut parfois du courage et de la force pour dépasser les obstacles. Leur montrer l’exemple, c’est déjà beaucoup.

Pendant leur scolarité, étiez-vous le genre de papa à faire réviser les interros ?

Mon problème, c’est qu’en sciences et en maths, je suis nul. Ce n’était pas le moment le plus facile, parce que je m’improvisais professeur alors que je n’en suis pas un. Mes enfants n’avaient pas vraiment envie que je les fasse réviser. Chaque fois que j’essayais, ça se passait plutôt mal. Ma femme est dans l’enseignement, elle avait un contact tout à fait différent.

Vos enfants regardent-ils vos JT et vos fameux fous rires ?

Ils regardent peu, et honnêtement, je trouve ça très bien. Quand je rentre, je n’ai pas trois enfants et une femme qui me demandent comment s’est passé le journal. Mais parfois, quand il y a un fou rire ou une vidéo qui circule, ils me disent : « Papa, t’es sur mon feed Instagram et TikTok tout le temps, mes amis ne me parlent que de toi. » C’est plutôt marrant. Mais globalement, on entretient un rapport assez distant avec mon métier à la maison, et ça me convient très bien.

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