Programme télé de ce mercredi 22 juillet : notre sélection

Victor Willis, membre fondateur et voix leader des Village People, est décédé le 30 juin dernier à l’âge de 74 ans. Alors que le monde de la nuit porte encore le deuil de son chanteur fétiche, Arte diffuse ce soir le documentaire inédit « YMCA : L’histoire derrière Village People ». L’occasion idéale de décortiquer une saga hors norme, née d’un pari audacieux entre l’underground new-yorkais et l’opportunisme de deux producteurs français.
Tout démarre dans les clubs moites de Greenwich Village à la fin des années 70. Jacques Morali et Henri Belolo, deux Parisiens en quête de tubes, observent la faune locale et ont un flash de génie en voyant un barman déguisé en Indien et un autre en cow-boy. Et si on réunissait les fantasmes de l’Amérique populaire dans un seul groupe ? Au casting : un cow-boy et un chef indien, donc, plus un flic, un ouvrier, un GI, et un motard,. Ce cocktail explosif, savant mélange de clichés masculins et de clins d’œil à la culture queer, va dynamiter les charts mondiaux.
Si des titres comme « Macho Man » ou « In the Navy » lancent la machine, c’est le raz-de-marée « Y.M.C.A. » qui fige définitivement le groupe dans la légende. Derrière le refrain braillé dans tous les mariages de la planète se cache la Young Men’s Christian Association, un réseau d’accueil pour jeunes travailleurs en galère. Willis, qui y jouait au basket dans sa jeunesse, souffle l’idée aux producteurs. Le morceau devient l’étendard de la solidarité.
Le documentaire explore la dualité d’un groupe devenu, malgré lui, une icône de la libération gay. Sont-ils un pur produit marketing ou un phénomène queer subversif ? Sans doute un peu des deux. Même la célèbre chorégraphie du refrain échappe aux producteurs : c’est le public, lors des premiers passages télévisés, qui invente spontanément les fameux mouvements de bras pour mimer les quatre lettres. Un geste devenu planétaire que le groupe n’aura d’autre choix que d’adopter.
Aujourd’hui, la machine à tubes continue de faire danser les foules, s’invitant même jusque dans les meetings de Donald Trump… Malgré les demandes répétées de Victor Willis pour que le Président cesse d’utiliser sa musique, le chanteur confiait apprécier que le public, par-delà les clivages politiques, reste fidèle à ce son.
Un film qui lève le voile sur les contradictions d’une formation qui a marqué l’histoire de la musique avec une « french touch » restée longtemps dans l’ombre.
« YMCA : l’histoire derrière Village People », 22h50, Arte.









