Programme télé de ce dimanche 9 août : notre sélection

Tout commence loin des paillettes de Hollywood, à Honfleur, dans la précarité et les blessures d’une enfance marquée par l’abandon. C’est cette faille originelle qui semble avoir propulsé Christophe Rocancourt de l’autre côté de l’Atlantique. Surnommé « l’escroc des stars » – étiquette qu’il réfute pourtant –, ce Français au culot sans limites s’est fait connaître en usurpant une douzaine d’identités : de faux héritier de la richissime famille Rockefeller à producteur hollywoodien fictif, il a berné le tout-Hollywood comme la France, de Mickey Rourke à Michel Polnareff, en passant par Jean-Claude Van Damme à qui il avait promis de produire son prochain long-métrage. Après des années de cavale avec le FBI et Interpol à ses trousses, sa vie mouvementée a aujourd’hui trouvé sa place sur les écrans.
Réalisé par David Serero et présenté au Festival de Cannes en 2024, « Rocancourt, le film », diffusé ce soir sur Tipik, bouscule les codes traditionnels. Le réalisateur livre une œuvre hybride qui emprunte au documentaire, au thriller psychologique et au film d’action. L’œuvre débute par une mise en garde du protagoniste : « Ne me jugez pas, les tribunaux s’en sont déjà chargés. » Retraçant son parcours depuis sa jeunesse fêlée jusqu’à sa chute dramatique, le film s’attache à explorer la psychologie de cet homme aux multiples visages, qui affirme n’avoir aujourd’hui « de comptes à rendre à personne, sauf à Dieu ».
Cette collaboration artistique, attendue depuis près de vingt ans, offre une tribune à un personnage aussi charismatique que controversé. Si le montage dynamique et le rythme soutenu maintiennent le spectateur en haleine, on peut parfois regretter une certaine forme de complaisance envers l’ancien faussaire. Car Rocancourt, condamné notamment pour abus de faiblesse sur la cinéaste Catherine Breillat en 2012 ou mis en examen dans l’affaire du vol de cocaïne à la PJ de Paris en 2015, livre ici son propre point de vue. Un exercice d’auto-justification habile pour celui qui estime avoir payé sa dette à la justice, même si le film peine à révéler des faits totalement inédits pour qui connaît déjà son dossier judiciaire.
Il n’en demeure pas moins un portrait psychologique captivant. Entre témoignages percutants et confidences de l’escroc, ce long- métrage s’impose comme un rendez-vous intrigant pour décoder les mécanismes de la manipulation. Une immersion singulière dans un destin hors norme, à retrouver également en streaming sur Auvio.
« Rocancourt, le film », 21h45, Tipik.







