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Ciboure, actuelle bourgade d’un peu moins de 6.000 âmes située à proximité de Saint-Jean-de-Luz, dans l’arrondissement de Bayonne, département des Pyrénées-Atlantiques. C’est là que naît le 7 mars 1875 Joseph Maurice Ravel, fils de Pierre-Joseph Ravel (de souches suisse et savoyarde, ingénieur du rail et chercheur en matière de moteurs à explosion indispensables aux futures automobiles), et de Marie Delouart, femme au foyer antérieurement modiste, née au village. Toute la famille déménage à Paris la même année, avant la naissance d’Édouard, le jeune frère et futur ingénieur comme son père. Maurice laisse tomber le Joseph et reçoit pour sa part, une formation musicale envisagée dès la découverte d’un talent précoce et pour tout dire inné. Premières leçons de piano dès 6 ans et de composition en 1887. Cent fois hélas, le jeune prodige est aussi un grand paresseux. C’est sans doute la raison de cinq échecs consécutifs au Prix de Rome. De cette époque date son amitié avec le pianiste espagnol Ricardo Viñes, tous deux admirateurs des Saint-Saëns, Satie et… Debussy. En fait, Ravel resté indiscipliné, et l’originalité de ses compositions se heurte à l’académisme cher à l’institution. Il est déjà très connu, grâce notamment au fameux « Gaspard de la Nuit » de 1908 avant de subir les affres de la Grande Guerre dont il est écarté en raison de sa taille minuscule et d’une constitution en rapport.
« Il ne s’écoule pas un quart d’heure sans que quelque part dans le monde ne soit joué le Boléro de Ravel », conclut cet excellent biopic consacré à son compositeur, principale icône, avec son aîné Claude Debussy, de ce courant romantico-impressionniste qui a bercé les débuts du siècle dernier. Devant la caméra d’Anne Fontaine, à qui on devait déjà « Coco avant Chanel », on découvre la personnalité torturée du Cibourien, coincé entre toutes les femmes qui l’ont admiré, de la mécène Misia Sert à la danseuse Ida Rubinstein en passant par la pianiste Marguerite Long, sa gouvernante Madame Revelot et sa maman, respectivement incarnées par Doria Tillier, Jeanne Balibar, Emmanuelle Devos, Sophie Guillemin et Anne Alvaro. Une belle brochette, autour d’un Raphaël Personnaz étant lui-même un excellent pianiste. Et… le Boléro dans tout ça ? Parti d’une longue feuille blanche et inspiré par… la fameuse gouvernante ! Une gestation musicalement décortiquée par Bruno Coulais d’après les travaux du grand musicologue Marcel Magnat, le tout photographié par Christophe Beaucarne, le fiston à feu Julos que tout le monde s’arrache.
« Boléro », 20h20, La Une, Quatre étoiles.








