Accueil Actu Télé

Programme télé de ce mercredi 2 septembre : notre sélection

Ce soir, le film « L’Histoire de Souleymane » est diffusé sur Arte. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

On n’a jamais arrêté de dire de l’Histoire qu’elle est un éternel recommencement, et Dieu sait si ce n’est pas plus vrai et encore plus flagrant quand on parle de cinéma, vu l’étendue exponentielle de la production mondiale actuelle, où les références se multiplient, souvent récentes car les « clins d’œil » se font tant que les « blockbusters » restent présents dans les esprits ! La parodie est devenue comme la valeur : elle n’attend plus le nombre des années, surtout en matière de sagas, et c’est plutôt salutaire. A contrario, on assiste à l’émergence d’un tas de « réinterprétations ». C’est notamment le cas tapageur de « Vie privée », hommage à deux classiques d’Hitchcock et, au « Dernier métro »… Avec « L’histoire de Souleymane », on est dans un exemple plus marginal. Lisez le script. Le Souley dont question vient de Guinée Conakry du nom de sa capitale portuaire abritant quelque 3,5 des 17,5 millions de ce pays, où le français est resté langue officielle dans une dictature pure et dure, alors que depuis 1958, la population s’en est détournée au retour des dialectes ancestraux.

Souley s’exprime dans un français compréhensible au vocabulaire limité. S’il a suivi un long périple l’ayant mené à Paris, c’est afin de subvenir aux besoins médico-psychiques de sa maman frappée de « malédiction tribale ». Un parcours du combattant jusqu’à la France où son cas reste « à l’étude ». Et donc pas question d’un permis de travail. Il intègre une société opaque de livreurs à bicyclette. Pour une poignée d’euros, il arpente les rues d’un Paris-fouillis. Chacune de ses livraisons doit être validée par un code connu du destinataire, lequel peut refuser. C’est alors la cata et la sanction de l’« employeur ». Pas de C4 vu que rien n’est déclaré. Mais il y a pire. Le vélo, cher et en proie au vol. Tout va basculer un soir où Souley est reversé par une voiture. Phare cassé et repérage par les flics. Chômage technique alors qu’il doit affronter l’enquêtrice qui pourrait lui accorder un sésame provisoire. Honnête homme comme le héros du « Voleur de bicyclette » de Vittorio de Sica, qui, en 1948 se fait voler son outil de travail à pédales, jusqu’au forfait. Pour son héritier des temps présents, ce sera un gros mensonge, sous les traits d’Abou Sangaré, vrai Guinéen devenu mécano automobile picard ayant vécu un parcours similaire. Césars 2025 de la meilleure révélation pour lui, du scénario pour l’auteur Boris Lojkine, du meilleur second rôle pour la Normande Nina Meurisse, et du montage. Le drame italien avait obtenu l’Oscar du meilleur film étranger en 1950.

« L’histoire de Souleymane », 21h00, Arte - Trois étoiles.

L'actu en vidéo

 

Aussi en Télé

Voir plus d'articles

À la Une