La Belgique de l’entre-deux-guerres : écarter la guerre de notre territoire
La « politique des voies de fait » dans laquelle l’Allemagne était entrée avec la réoccupation militaire de la rive gauche du Rhin en mars 1936 et la répudiation du pacte de Locarno inspiraient à la Belgique de graves réflexions sur sa situation d’otage des grandes puissances. Nous avions toutes les raisons, désormais, d’être entraînés, en raison de nos alliances, dans des guerres qui ne concerneraient pas notre existence. Les Flamands, même ceux qui n’éprouvaient pas de sympathie pour le cynisme et la brutalité des méthodes nazies, mettaient tous leurs soins à entretenir la crainte de combinaisons internationales qui pouvaient nous placer dans le sillage de Paris. Les Wallons voyaient les choses avec moins de rigueur ; beaucoup d’entre eux, cependant, pensaient aussi que seule une politique extérieure dégagée de tout lien pouvait assurer à la fois notre sécurité et la paix des esprits.










