Nikos Aliagas expose en Belgique : « L’ambiance du château de Waroux m’a séduit » (vidéo)

Il entre tel un Dieu grec dans la pièce et les discussions s’essoufflent pour laisser place au silence. Peau bronzée de l’été, tenue foncée, dix centimètres de bracelets et collier avec une pierre autour du cou : Nikos Aliagas a véritablement une aura. L’animateur ne vient pas présenter un nouveau programme, il vient en tant que photographe.
Pour sa troisième exposition belge, (Bruxelles en 2017 et Villers-la-Ville en 2018) il choisit le château de Waroux. Caché dans la commune d’Ans, en province de Liège, le bâtiment a l’habitude d’abriter des expositions et des mariages. Cette fois, les clichés en noir et blanc du Grec le plus connu de France sont exposés dans les salles. Le photographe a convié la presse belge pour lui faire découvrir « L’Esprit grec ».
Il insiste : c’est lui qui fera la conférence de presse en emmenant la petite troupe de journalistes au travers de l’exposition. Nous aurons droit à des explications pour chacune des photos. Il raconte les coulisses de la prise de vue jusqu’à ses techniques de retouche. « Stéphane Bern m’a inspiré celle-ci. (…) Jean Paul Gaultier passait justement à côté de moi quand j’ai pris celle-là. » Nikos Aliagas se replonge dans ses souvenirs et finit par philosopher sur la vie. « Si tu ne te donnes pas le droit de faire ce que tu veux, personne ne te le donnera. (…) Et pour faire de la photo, tu peux être qui tu veux. »
Pourquoi avoir choisi cet endroit pour exposer en Belgique ?
Le Château de Waroux m’a invité, tout simplement. Il y a pas mal de propositions tout au long de l’année pour des expos et j’ai été attiré par l’ambiance du château. Détrompez-vous, ce n’est pas le Château de la « Star Academy » qui m’a inspiré ! C’est vraiment l’âme, les photographies que j’avais vues, les reportages. Je me suis dit que c’était l’occasion de présenter « L’Esprit grec » un peu plus dans sa globalité. C’est une expo qui avait déjà été un peu présentée au Conseil de l’Europe en plus court. Ici, il y a plus de matériels mais j’en ai encore. Je n’ai pas pu tout mettre.
Vous redécouvrez la Grèce autrement à travers vos photos ?
La Grèce, celle qui m’inspire, c’est une Grèce en noir et blanc qui n’a rien à voir avec la Grèce touristique. Elle est plus intérieure, plus complexe aussi, plus brute de décoffrage, plus rurale, plus ancestrale, plus archaïque. Parfois, ce qui m’intéresse, c’est ce qui résiste au temps. Dans cette Grèce qui est à la fois celle de la littérature, celle du mythe, celle de l’épopée, de l’artisan, du travail, de la beauté du geste, de la mémoire des gestes. Tout ça m’intéresse depuis toujours. Même quand j’étais gamin, avant même de savoir manier l’appareil photo, j’ai été attiré par ce qui résistait, ce qui transmettait, et ce qui pouvait passer d’une génération à l’autre, souvent à notre insu. Le monde change. Il y a des choses qui n’existent plus déjà dans ce que j’ai photographié.
Vous nous confiiez que vous photographiez d’abord en couleurs avant de mettre vos photos en noir et blanc. Allez-vous un jour dévoiler les clichés en couleurs ?
Je fais de la couleur aussi, mais je ne l’expose pas. Pour les mettre en noir et blanc, c’est presque un travail de palette de peintre, de révélation. Quand je vous vois et quand je vois autour de moi les couleurs, je les pense en noir et blanc, curieusement. Parce que le noir et blanc privilégient la courbe, le contraste, la ligne et moins l’impression que donne une photo en couleurs. L’impression, c’est aussi ce qu’on compte sur les réseaux sociaux en demandant combien on a réalisé d’impressions. Ce qui m’intéresse, c’est la connexion, pas l’impression.
Vous profitez de votre passage en Belgique pour faire quelques photos ?
J’aurais voulu en faire déjà, mais depuis ce matin, avec la mise en place de l’exposition et la rencontre avec la presse, je n’ai pas eu trop le temps, mais je vois déjà des visages dans la cour, derrière nous. Je vois déjà pas mal de visages et des personnes âgées à photographier. Mais là, je pense que je veux plus faire de selfies que de photographies. Ça fait partie du jeu, la notoriété est un malentendu. Chacun projette ce qu’il peut ou ce qu´il veut. Ce n’est pas ce qui me restera à la fin. Peut-être qu’il ne restera rien de toute façon. Ce qui m’intéresse, c’est de ne pas voir de regret et d’avoir essayé de dire quelque chose de différent de ma propre pomme.
« L’Esprit grec », du 4 septembre au 4 octobre au château de Waroux. Infos : ResEvents.be








