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Dans l’ultra foisonnante filmographie de Claude Lelouch, il est un ouvrage ressorti des oubliettes un peu par le bouche à oreille. Son titre ? « Un homme qui me plaît ». Et il s’agit d’une histoire où l’inusable « Cloclo du 7e art » (88 ans) n’y est pour rien ! Contexte. À la suite du triomphe d’« Un homme et une femme » aux États-Unis, l’enfant du 9e y croule littéralement sous les propositions. Il refuse en bloc, clamant haut et fort que son pays reste la France et qu’il veut en rester l’un des auteurs phares. Son suivant « Vivre pour vivre » y connaît d’ailleurs un franc succès, rejaillissant derechef à l’international en 1967. Sans (aucun ?) doute pour satisfaire, du moins en partie, le bon public des States, surgit de nulle part début 70 cet « Homme qui me plaît » coécrit par Claude Pinoteau et Pierre Uytterhoeven. Si le second a été dans tous les coups de son ami, le premier est inhabituel. Avant de devenir l’auteur des « Silencieux », « La gifle » et « La boum », il avait été l’assistant-réalisateur des Cocteau, Melville, Pottier, Verneuil, Grangier, Giono, Clair et de son frère Jack. Il va poursuivre sa collaboration avec Claude Lelouch jusqu’à « L’aventure, c’est l’aventure » en 1972.
L’histoire s’inscrit dans la lignée immédiate d’« Un homme et une femme », non plus dans le (vague…) milieu de la course automobile mais bien dans celui du cinéma. Une actrice française populaire bien malgré elle et en plein apprentissage de l’anglais, doit tourner un film à Hollywood où elle croise un compositeur français vivant à Rome, et qui se débrouille à peine mieux dans la variante US de la langue de Shakespeare. Ils se sentent attirés de façon irrésistible. Tous deux sont mariés avec charge de famille, mais envisagent de se rendre libres pour vivre leur folle passion. Des deux côtés, ils se le promettent lors d’un « road trip » de Las Vegas à la Nouvelle-Orléans en passant par Monument Valley… Le film réalise la parfaite synthèse d’une aventure extraconjugale avec ses joies et ses larmes, et de l’allégorie de ce cinéma où les tournages accouchent de relations conjointement passionnelles et provisoires. Ici, tout est dans le choix d’Annie Girardot – vivant alors une relation avec Lelouch ! – et de Jean-Paul Belmondo dans un jeu du chat et de la souris tragicomique. Superbe BO de Francis Lai, présence décorative de Farrah Fawcett, et « distancielle » des Marcel Bozzuffi et Maria Pia Conte, cette dernière venue du « western spaghetti ». Que de clins d’œil entre « rien à f… des States » et « vive la Frwance indeed ».








